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17/10/2009

Causes perdues

Deux articles... et j'étais partie. Où ? Là où se retrouvent les tavernières imprudentes.


J'étais loin. Pas géographiquement. Mais pourtant hors du monde. Ailleurs. Autrement dit, là :

http://www.jrrvf.com/cgi-bin/if1/display.cgi?id=252&s...

J'étais là. Je n'en suis pas fière. Je n'en ai pas honte non plus.

J'étais là, au milieu d'autres "causes perdues". Certaines plus perdues que moi-même. Selon le personnel. Pas selon moi. La vie nous départagera.

Je croyais que j'aurais le temps de lire, là-bas. J'aurais pu le prendre. Je n'en ai pas eu le coeur. Qu'est-ce qu'une fiction quand on vit au milieu de ces éclopés de la vie ?

Le seul roman que j'ai commencé, et terminé, là-bas, la première semaine de mon séjour : Suite française, d'Irène Nemirovski.

Or donc, Suite Française raconte l'Exode. Celui de 1940, lorsque les armées nazies déferlaient sur la France, et que les français se perdaient sur les routes.Français de toutes conditions. Riches ou pauvres. Jeunes ou vieux. Bons ou mauvais.

Parmi eux, un jeune prêtre et ses ouailles. Les pensionnaires d'une institution pour jeunes délinquants. Un jeune prêtre qui finira assassiné par ses ouailles. Ces "causes perdues".

A partir de ce moment, la destinée des autres protagonistes a cessé de m'intéresser tant j'étais mal à l'aise. Mal à l'aise comme je l'avais été, trente ans auparavant, à la lecture d'un roman de Robert Brasillach, écrivain maudit s'il en est, Le Marchand d'Oiseaux. Là aussi, deux voyous orphelins finissent assassins, malgré la bonté d'une mère d'adoption. Le collabo fasciste et la juive émigrée se rejoignent sur ce point : ces enfants sont des causes perdues.

Celà, je ne peux l'admettre.

Aucun homme n'est une cause perdue.

J'y reviendrai, si vous le voulez bien.

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