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01/11/2009

Princes d'Orgueil

Maudits par le Diable en personne


Lorsque le Monde était jeune, Melkor, l'Archange rebelle, affrontait l'arme au poing les armées des Elfes et des Hommes. Lorsque Hurin, Prince de Dor-Lomin, prisonnier, refusa de lui préter serment d'allégeance, le Diable l'enchaîna, maudissant sa descendance.

Les Enfants de Hurin, oeuvre posthume e J.R.R. Tolkien, l'auteur du légendaire Seigneur des Anneaux peut s'apparenter à une tragédie grecque. "Fatalitas", pourrait crier Turin, le jeune héros. Petit prince "orphelin" confié par sa mère au Roi des Efes, il grandit loin d'elle et de sa petite soeur. Aussi orgueilleux que ses parents et que son père d'adoption, il se rebelle contre celui-ci, refuse son pardon, devient hors-la-loi, capitaine de guerre, aimé d'une princesse, pourfendeur de Dragon. Poursuivi par la malédiction du Diable, il sème sur son passage la mort et la folie. Il tue son meilleur ami, laisse mourir sa princesse, est responsable de la destruction d'un royaume. Cherchant l'oubli dans une vie tranquille, il recueille une jeune amnésique, l'aime, l'épouse, en ignorant qu'elle est cette soeur qu'il n'a jamais connue.

Inutile d'attendre une fin heureuse. Celle-ci est tragique, à l'image du conte tout entier. Pour moi, le chef d'oeuvre de Tolkien.

 

Ecrit dans un style archaïque, il met en scène un personnage humain, trop humain, mais orgueilleux au-delà de toute logique. Turin ne baisse pas la tête, ne cède pas. Ni au malheur. Ni aux gens qui l'aiment, pour leur malheur. Il s'enferre dans ses erreurs. Il les reproduit. Il refuse d'admettre qu'elles en sont. Même si la mort de ses proches lui fait frôler la folie. La malédiction de Turin, c'est son orgueil, autant que celle lancée sur lui par le Diable.

 

Comme mon orgueil fut ma propre malédiction, semblable à celui de sa mère. Morwen de Dor-Lomin. Mon alter-ego littéraire. Morwen que je déteste, et qui me ressemble. Comme un reflet.

 

 

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