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04/11/2009

Vu d'ailleurs

D'accord, Guerre et Paix est un classique parmi les classiques, mais...


Pour Dame Lamberte, un "classique" est un bouquin dont tout le monde connaît l'histoire, même ceux qui ne l'ont pas lu. Un bouquin dont les personnages font partie de notre "imaginaire collectif". Tels sont "Les Trois Mousquetaires" et d'Artagnan, "Les Misérables" et Jean Valjean, "Le Père Goriot" et Rastignac, "Le Cid", ou "Hamlet".

Tel est le Guerre et Paix de Léon Tolstoï. Qui ne connaît Natacha, le Prince André et leurs amours contrariées sur fond de guerres napoléoniennes ? Même si rares sont ceux qui l'ont lu (c'est long, quand même...).

 

Tout le monde connaît Guerre et Paix. Alors qu'en dire ? Des tas de choses. Je reviendrai une autre fois sur l'idéalisme de Pierre et sa condition de bâtard légitimé et binoclard mal dans sa peau. J'adore Pierre. Autant que je déteste le prince Nicolas Bolkonski (sur mon podium des pires pères littéraires, avec Dénéthor et Don Diègue, le père du Cid).

Et ce qui m'a frappée à la (re)lecture de Guerre et Paix, ce classique parmi les classiques de la littérature mondiale, c'est soncôté infiniment russe. Exotique. Bien plus, pour moi, que le Seigneur des Anneaux ou autres Princes d'Ambre. Exotique par les noms des personnages multiples. Exotique par leur façon de réagir. Exotique, surtout, par le point de vue de l'auteur sur les guerres napoléoniennes.

Je ne suis pas Française. Mais, comme la plupart d'entre vous, je suis de culture française. Ma vision de l'Histoire en général, et des multiples conflits qui ont déchiré le monde, celle que l'on m'a enseignée, celle que j'ai rencontrée au fil de mes lectures, est celle de la France. "Nous", ce sont d'habitude les Français et assimilés. Et, chez Tolstoï, et, dans Guerre et Paix, "nous", ce sont ceux d'en face. "Nous", ce sont les Russes. Ce qui est normal. Tostoï est Russe, comme le sont Pierre, le prince André, Nicolas et les autres. C'est normal, et c'est déroutant. Les conquérants sont des envahisseurs. Les ennemis sont ceux pour qui nous avons vibré. Les héros portent des noms qui nous sont inconnus.

C'est normal et c'est déroutant. Et c'est absurde. Ce qui est absurde, c'est que ce soit déroutant. C'est que mon esprit soit formaté à voir l'Histoire, à voir la guerre "de notre bord". Cette guerre-là, comme toutes les guerres. Nous sommes nous, les autres sont l'Ennemi. Et l'Ennemi voit en nous l'Ennemi. Et l'Ennemi est humain comme nous. Aime comme nous. Souffre comme nous. A peur comme nous.

Et peut être fanatique, tout comme nous.

Lieux communs. Peut-être. Sans doute. A coup sûr. Mais pas si évident à intégrer que ça. Suffit de lire la "une" des journaux. Et plus encore, les commentaires de nos contemporains, lorsqu'ils parlent de l' "Ennemi".

 

 

 

 

 

11:44 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : livres, classiques, histoire

Commentaires

C'est vrai que c'est un livre magnifique, et je partage votre avis sur le "eux" et "nous" renversé par Tolstoï, chose que nous devrions faire plus souvent vis à vis de nos voisins proches ou lointains...

Et une citation de Woody Allen, expliquant qu'il pratique depuis peu la lecture rapide et vient de lire La guerre et la paix. "Ca se passe en Russie", dit-il.

Faites de beaux rêves.

Écrit par : Régis Hulot | 05/11/2009

Tendres salutations, Dame Lamberte.

Si cet aspect des choses t'intéresse, une lecture indispensable :

Principes élémentaires de propagande de guerre, par Anne Morelli.

Je dois l'avoir chez moi, quelque part, mais faut fouiller!


Gros bisous

Lilotte

Écrit par : Melilot | 05/11/2009

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