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06/11/2009

My country, my pride

J'ai toujours préféré les pays sans touristes.

Première partie.


- Lamberte !

- Oui, Monsieur G. ?

- Vous partez pour Dacca ?

- Pour Dacca, Monsieur G. ?

- Pour Dacca. Jeudi prochain.

Partir pour Dacca le Jeudi veut dire arriver le Vendredi. Donc, le Dimanche. Enfin, leur Dimanche. Ce qui leur sert de Dimanche. Le pays est Musulman, donc... J'ai toujours aimé voyager en terre d'Islam. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Je m'y sens bien. N'empêche que le Bangladesh, quand même... Pays de misère, et d'inondations. Dans mon esprit comme dans bien des imaginaires occidentaux. Mais je n'ai pas le choix.

 

- Lady Lamberte ?

- Yes, Sir ?

Aéroport de Dacca. Je n'ai pas à prendre de taxi pour l'hôtel Sheraton. Notre client potentiel envoie son chauffeur me chercher. Il a du retard. Manifestations en ville, Allah sait pourquoi. Une revue sur un banc. Je l'ouvre. Un article parle d'un pays lointain. Etrange. Exotique. La Belgique. J'apprends qu'aux yeux des bengalis, nous sommes un peuple plutôt froid, pas très accueillant, mais fidèles en amitié. Que nous produisons de belles dentelles et de bons chocolats (nulle mention de la bière... on se demande pourquoi...). Que Bruxelles est une petite ville bien située pour visiter l'Europe. Instructif de se voir par le regard des autres.

 

- Have a nice day, my Lady.

Hôtel Sheraton. 5 étoiles. Le seul hôtel soi-disant digne d'une Dame étrangère. Du Pepsi dans le minibar. Des excuses de la part du directeur. Celles qu'il ressort à chaque fois. Il n'y a pas d'alcool à l'hôtel. Il n'y a pas d'alccol dans la ville. Le pays est sec, si l'on peut dire. Maiis l'hôtel est sympathique. Sympathique... drôle de qualificatif, pour un 5 étoiles. Et pourtant... Sympathique, à taille humaine, à l'accueil sans pareil. Où les clients parlent entre eux, lors de réceptions sans champagne. Où la piscine, bizarrement, décuple mon imagination. Piscine que je quitte sous l'averse. Sous la drache. Sous la mousson.

La lumière s'éteind. S'allume. S'éteind. S'allume. S'éteind. Coupures de courant. Face à l'hôtel, un bidonville. Je sors. Seule. Il paraît que c'est imprudent. Je n'ai jamais été prudente. Un gamin m'interpelle. Sept ans ? Huit ? "My lady", "My lady" ! Je le suis. Pourquoi pas ? Il me montre les rues détrempées, les cabanes de tôle. Les flaques d'eau boueuse. Seulement des flaques. L'Europe est sous eau. Il ne manque pas de le me le faire remarquer. Il l'a vu à la télé. La télé règne dans les bidonvilles. Quand l'électricité fonctionne.

Un centre commercial. Des boutiques. Des boutiques. Des boutiques. Des bijouteries où la perle fine est reine. Des magasins d'électronique "made in... euh... on ne sait pas". Des marchands de saris. Saris de soie. Saris de coton. Saris tissés d'or. Brodés d'argent. Saris pour pauvresses, sans broderies, sans impressions. Des disquaires. Ou DVD-aires. Toutes les nouveautés d'Hollywood, de Bollywood, à moins d'un dollar. 100 Takas. Une fortune.

La Une du journal. Un viol. Un suicide. La dengue endémique.

La pluie. Encore la pluie, et les routes cabossées. Les enfants aux mains tendues. Les klaxons des moto-taxis. Des motos. Des taxis. Des trains bondés d'où débordent des grappes humaines. Une chambre d'hôtel de luxe.

La pluie...

Mon pays, ma fierté.

 

 

 

 

 

 

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