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17/11/2009

Buffet froid

Lily à la recherche du criminel perdu.


J'aime bien la série Cold Case.

Certes, elle a des défauts. Pas mal. Le moindre n'étant pas d'être quelquefois invraisemblable. Etre témoin d'un meurtre, avoir une victime ou un assassin parmi ses proches, être un meurtrier semble souvent être lié à une longévité exceptionnelle. Pourtant j'aime bien Cold Case.

Cold Case me fait pleurer. Normal, direz-vous. La série est faite pour ça. Elle joue sur l'empathie spontanée du public pour la victime. Sur la soif de justice que n'arrête pas le temps qui passe. Sur le "politiquement correct" aussi. Du moins, c'est ce que dirons les bonnes âmes. Moi, je trouve que la série jette un regard sans complaisance sur le passé des Etats-Unis. Racisme, homophobie, machisme, puritanisme, ces thèmes sont peut-être "à la mode". Il n'en est pas moins vrai que l'injustice, la discrimination, le mépris font partie intégrante de la société américaine, et que de les dénoncer ne fait pas de tort. Parce que l'injustice, la discrimination, le mépris tuent, dans un "camp" comme dans l'autre. Aux Etats-Unis comme ailleurs. Aux Etats-Unis plus qu'ailleurs, même, tant la violence, armée ou pas, fait partie des tripes d'un pays dont la conquête ne remonte qu'à quelques générations (Buffalo Bill aurait pu rencontrer ma grand-mère).

Mais Cold Case me met mal à l'aise aussi. Bien souvent, en la regardant, j'ai le désir que Lily Rush ne retrouve pas l'assassin. Parce que le temps a passé. Parce que le monde a changé. Parce que le criminel n'est plus l'homme qu'il était autrefois, parfois grâce à son crime, ou à cause de celui-ci. Parce que tout n'est pas si simple, tout n'est pas noir et blanc. Que les victimes ne sont pas toujours des anges. Que les coupables sont rarement des monstres. Mais, finalement, Lily gagne toujours. Et c'est tant mieux, peut-être, dans une fiction qui malgré tout montre que le monde change, que tout n'est pas noir et blanc et que les gens évoluent. Que la justice, aussi, c'est sans doute "faire savoir" plutôt que de punir. Faire tomber le doute, connaître la vérité, là est l'essentiel.

Je n'aime pas les poursuites, les arrestations, les procès à retardement dans la vraie vie. Punir un homme, quoi qu'il ait fait, vingt ans, trente ans, soixante ans après son crime n'a pour moi aucun sens. Parce que l'homme aura changé. Les faits, par contre, seront restés tels qu'ils étaient. Et je crois qu'il est bon que la vérité soit faite. Que là se trouve la justice.

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