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21/11/2009

Mémoires d'un soldat

Légende arthurienne + réalisme = que des bonnes choses


J'aime bien l'Histoire. J'aime bien les légendes. J'aime bien la fantasy. Donc, en toute logique, j'aime bien la légende arthurienne et tout ce qui tourne autour. J'y reviendrai sans doute plus d'une fois, tant les versions litéraires et cinématographiques de cette histoire - oserai-je dire de ce mythe fondateur de notre civilisation - sont nombreuses. Nous sommes tous quelque part les enfants de ce Roi qui n'a peut-être jamais existé et qui sans doute ne l'était pas, roi.

La Saga du Roi Arthur de Bernard Cornwell est une des versions contemporaines de cette histoire. Saga au titre malvenu, d'ailleurs, puisqu'Arthur n'y est pas Roi, bien qu'il y dirige effectivement la Bretagne post-romaine. Les trois livres qui la composent, Le Roi de l'Hiver, L'Ennemi de Dieu et Excalibur transportent le lecteur, non dans un monde légendaire, mais au coeur des Ages obscurs. Des âges de guerre, de conquêtes et de luttes religieuses. Quel meilleur témoin pour nous les raconter qu'un vieux soldat devenu moine ? Tel est Derfel Cadarn, bâtard d'un Roi saxon et d'une esclave bretonne, rescapé d'un sacrifice humain, pupille de Merlin, non-époux d'une princesse et compagnon d'Arthur.

Pas de fées chez Cornwell. Peu de fantastique. Mais du sang et des larmes. Des complots politiques. Des  combats violents. Des scènes parfois à la limite du soutenable. Et aussi de l'humour. De la tendresse. Et de l'espoir, aussi. Les personnages de la Légende deviennent des hommes (et des femmes) de leur temps. Des êtres charnels, qui souffrent, qui aiment. Qui haïssent aussi. Certains, tels Lancelot, en prennent pour leur grade. D'autres, ainsi humanisés, en deviennent infiniment riches, touchants. Certaines légendes ramenées à des tragédies humaines (je pense surtout à celle de Tristan et Yseult) en sont paradoxalement grandies.

Pas de manichéisme chez Cornwell/Derfel. Pas de gentils-très-gentils (mais quelques méchants très méchants quand même). Des bons et des moins bons dans chaque camp. Chez les Bretons comme chez les Saxons. Chez les chrétiens comme chez les païens. Des personnages durs souvents, à l'image d'une époque cruelle, d'une époque de transition entre deux mondes. Tendres aussi. Durs et tendres, comme Derfel. Guerrier et amoureux. Père et ami fidèle. Truculent, drôle, déchiré, amer et magnifique.

Selon moi, la version la plus forte de cette histoire intemporelle. Et, ce qui ne gâche rien, une reconstitution historique fidèle, même si le récit est un roman.

 

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