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01/12/2009

La Mauvaise Education

Merci, Mgr. Martin


Je suis catholique. Enfin, d’éducation catholique. Enfin, de Foi, sinon de pratique. Enfin, de… c’est compliqué. Bref, durant la plus grande partie de ma vie d’adulte, j’ai été catholique pratiquante, voire traditionnaliste. Quand l’Eglise est attaquée, je me sens visée. Quand des prêtres sont mis sur la sellette, je suis mal à l’aise.

Et quand des prêtres, des religieux, des religieuses fautent, ou pire, je suis blessée.

Je n’attends pas des hommes et des femmes de Dieu – ou se présentant comme tels – d’être tous des Saints. Ils restent des hommes et des femmes « tout court ». Néanmoins, j’attends d’eux un comportement supérieur à celui de Monsieur et Madame Tout-le-Monde. J’attends d’eux plus d’empathie, plus de compassion, plus de charité, que de mon voisin de palier. J’attends d’eux de pouvoir leur faire confiance. Ceci, d’ailleurs, quelle que soit leur façon de servir Dieu. Quel que soit le rite qui est le leur. Peu importe. Ils doivent pouvoir être des intercesseurs. Des confidents. Des guides spirituels. Pas parfaits, mais dignes. Et certains ne sont pas dignes.

L’Eglise d’Irlande n’est pas vraiment une Eglise comme les autres. Politique autant que religieuse, nationaliste, elle a longtemps joui, a tort ou a raison, d’une influence plus que considérable sur ses ouailles. L’Histoire nous explique pourquoi. L’Histoire n’excuse pas pour autant les abus de toutes sortes commis dans les établissements qu’elle dirigeait, sur les enfants dont elle avait la garde. Les abus de toutes sortes, pas seulement sexuels. Ceux commis au nom de la rééducation de jeunes dévoyés autant que ceux qui n’avaient pour autre raison d’être que le vice personnel de religieux pervers. Ceux des sœurs de Magdalen autant que ceux des curés pédophiles. Ceux pour lesquels Mgr Martin a enfin demandé pardon. Ceux pour lesquels Mgr Martin a eu raison de demander pardon.

Parce que la faute de ces hommes, parce que la faute de ces femmes, c’est aussi la faute de l’Eglise d’Irlande. C’est la faute de ceux qui ont « laissé faire » autant que de ceux qui « ont fait ». Et cette faute, à mes yeux, est d’autant plus grave qu’elle a eu pour victimes des personnes en état de faiblesse. Pas seulement parce qu’ils étaient des enfants. Mais parce qu’ils étaient, souvent, sans famille. Sans personne sur qui se reposer. Des orphelins. Des filles perdues. Des causes perdues, en quelque sorte. De ces causes pour le salut desquelles Jésus lui-même racontait la parabole de la brebis perdue. Des causes qui attendaient leur Bon Pasteur, et qui, à sa place, ont rencontré des bourreaux.

Mais qui s’intéresse aux causes perdues ?

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