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16/12/2009

Triste

Des "salles de shoot" à Paris ? Et alors ?


La Mairie de Paris (Oui, elle est socialiste. D'accord, elle est socialiste. Peu importe, qu'elle soit socialiste.) réfléchit à la possibilité d'ouvrir des lieux où les toxicomanes pourraient se droguer "en toute sécurité" (Ce qui est une façon de parler. On ne peur jamais se droguer "en toute sécurité", mais bon...). Lieux où les toxicomanes pourraient trouver une assistance psychologique, médicale et sociale. Personnellement, j'applaudis cette initiative. les toxicomanes profonds sont très souvent des êtres fragiles, désocialisés, qui, quand ils le veulent, ne savent plus comment reprendre contact avec la vie "extérieurs". Ces salles pourraient être cette "passerelle" vers le monde dit normal. Mais cette initiative soulève visiblement un tollé. Aider les drogués à se droguer plus proprement ? Quelle horreur ! Pas de ça chez nous ! Rien de tel que la répression. La prison.

Ces réactions, je l'avoue. Me rendent triste. Très triste.  Et je me pose la question de leur "pourquoi".

La toxicomanie est un fléau. Pas "la drogue" (ce qui ne veut rien dire en soi. "Les drogues" serait déjà mieux). Pas "les drogués". L'addiction. La dépendance.

La politique de prohibition est un échec total. Il faut donc s'y prendre autrement pour éviter que les gamins tombent, et pour essayer d'aider ceux qui sont tombés. Celà dérange peut-être que l'Etat tente de sauver ces gens. Ce ne sont que des marginaux, des loosers. Peut-être. Mais ce sont des êtres humains. Des enfants parfois. Doit-on les laisser crever sans rien faire ? Ces enfants pourraient être les nôtres. Pourraient être les vôtres. N'est-ce pas pour ça, d'ailleurs, que les drogues font aussi peur ? N'est-ce pas pour ça qu'elles suscitent des réactions aussi virulentes ? Parce qu'il y a chez un bon nombre de nos concitoyens un mélange de peur de la toxicomanie (qui pourrait infecter nos enfants comme un virus) et de rejet du toxicomane (qui, paradoxalement, pourrait lui aussi être notre enfant, mais pourrait aussi l'infecter). Enfermer un toxicomane, cela n'a pas de sens : c'est un malade et, aussi, une victime. Une victime volontaire parfois, mais une victime quand même. On ne met pas en prison quelqu'un parce qu'il est victime. Par contre, on a souvent mis à l'écart les malades contagieux. Les toxicomanes seraient-ils les lépreux de notre temps ?

Ce sont en tout cas des personnes qu'il faut aider, ne serait-ce que parce que la paix sociale l'exige.  Alors, pourquoi rejeter l'idée de ces salles ? Elles ne sont pas une panacée. Elles ne soignent pas. Mais elles peuvent être un premier pas vers la guérison. Un endroit où le toxicomane pourra trouver une première écoute avant d'aller plus loin. Vers le sevrage d'abord, vers la désintoxication ensuite. désintoxication qui ne pourra être efficace à long terme que si le malade peut trouver, ou retrouver, une place dans la société.

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