Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

10/02/2010

Mais enfin, ne te laisse pas faire !

L'école n'est pas un havre de paix.


Faits divers : bagarre entre adolescents, gamine en garde à vue, "Une" des journaux français. Je ne porterai pas de jugement sur cette affaire qui fait couler beaucoup d'encre. Plus qu'elle n'a fait couler de sang, apparemment. Et heureusement, d'ailleurs. Je ne porterai pas de jugement sur cette affaire parce que je n'en connais que ce qui en a été dit dans la presse et qui est plus que nébuleux. Il n'empêche : encore une fois, la violence scolaire fait la "une" des journaux. Oh, pas de mort, cette fois. Mais des réactions qui me dérangent. Qui me mettent mal à l'aise : ce ne sont que des histoires d'enfants, nous avons tous fait pareil, il faut bien que jeunesse se passe etc... D'un autre côté, pour des affaires à peine plus graves, nous avons droit aux réactions inverses : les enfants-rois ne respectent plus rien, de notre temps, ça ne se serait pas passé comme ça, l'école doit rester un havre de paix, l'école est sacrée re-etc...

Or, l'école n'a jamais été un havre de paix. En tout cas, pas pour ceux qui la fréquentaient. L'école a toujours été un monde à part, fermé, mais violent. Un monde avec ses règles à lui, qui ne sont pas très éloignées de la loi de la jungle, tempérée par la présence des adultes. Un monde qui n'est pas fréquenté "volontairement" mais par obligation. Un monde avec sa propre hiérarchie, qui ne correspiond pas avec la hiérarchie sociale, ni avec celle des "notes". Un monde au sommet duquel se trouvent les élèves "populaires", grandes gueules, et dont les "souffres douleurs" sont les sans-grades. Souffres douleurs qui peuvent être des "bons élèves sans histoires" ou des "gosses de riches". Souffre douleurs qui sont en génétal transparents aux yeux de l'autorité, tout comme leur souffrance.

Dans les affaires dites "de violence scolaire", les faits et leur contexte sont, quand il n'y a pas mort d'homme, souvent minimisés : c’est une “bagarre de cour de récré”. Donc, ce n’est “pas grave”. Or, même si ça ne mérite en général pas la garde à vue, une bagarre de cour de récré, c’est grave. Surtout quand on se met à trois contre un. Une bagarre de cour de récré, ça peut avoir des conséquences tragiques. Une bagarre de cour de récré, ce sont des coups et blessures volontaires. Des coups et blessures qui blessent, et qui blessent d’autant plus qu’ils ne sont pas pris au sérieux. Qui blessent d’autant plus que la victime, le “bouc émissaire”, est vue par les adultes comme un “faible” qui “n’a qu’à” se défendre.
Les bagarres de cour de récré, c’est de la violence. Une violence d’autant plus grave qu’elle est considérée comme “normale”. Et c’est de la violence qui, contrairement à ce qui est dit bien souvent, peut tuer. Pas nécessairement sur le coup (quoique… ça arrive, ça fait alors la une des journaux et la Présidence demande une minute de silence pour la victime). Mais à plus ou moins long terme (suicides, “retours de flammes” meurtiers). Plus fréquemment, cette violence entraîne un refus de l’école et un décrochage de la part de la victime.

Cette violence n'est pas toujours, d'ailleurs, violence au sens pénal du terme. Elle peut être moqueries. Elle peut être harcèlement. Elle peut être rejet. Pour mille et une raisons. Physiques. Raciales. Sociales. Psychologiques. Elle est souvent aussi confortée par les parents, et par leurs préjugés.

Je n'ai pas de remède miracle à cette situation. Aucun. Je ne suis pas professeur. J'ai essayé, en tant que mère, de ne pas m'en rendre complice. Peut-être un peu d'écoute ? Un peu de morale ? Un peu moins d'aveuglement ? Qui sait...

Les commentaires sont fermés.