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17/02/2010

Fantôme contre fantôme

Seules les âmes en paix peuvent quitter ce monde


Il y a quelques jours, une chaîne de télévision – je ne sais plus laquelle – rediffusait pour la énième fois le toujours touchant, toujours troublant Ghost, de Jerry Zucker. Ghost, dans lequel un jeune cadre bancaire assassiné ne peut rejoindre le Paradis avant de voir son assassin puni, et sa compagne en sécurité. Ghost, aussi, dans lequel se trouve une des scènes les plus sensuelles du cinéma, les mains dans la terre glaise, mais cela n’a aucun rapport avec le sujet – quoique…

Aujourd’hui, je me suis rendue au cinéma. Avec ma fille. Au programme, Lovely Bones, de Peter Jackson. Lovely Bones, dans lequel une adolescente assassinée ne peut rejoindre le paradis avant de voir son assassin démasqué. Avant que sa famille ait fait son deuil. Avant d’avoir embrassé le garçon qu’elle aimait.

Mais si Lovely Bones ressemble à Ghost, il en diffère aussi. Terriblement. Loin d’un thriller romantique, c’est un drame familial mâtiné d’onirisme, une étude de mœurs. Susie, la jeune victime, plus qu’actrice, est le témoin des conséquences de son assassinat. Sur sa famille. Son père, dépressif, puis vengeur, ne vivant plus que pour et par sa fille morte . Sa sœur, qui n’a de cesse de démasquer le voisin qu’elle soupçonne, à raison, au péril de sa vie. Mais aussi son assassin, à côté duquel Marc Dutroux fait office d’enfant de chœur. Et son amoureux, qui trouvera la paix et la consolation dans les bras d’une jeune voyante qui n’a rien d’une Whoopi Goldberg.

Lovely Bones est un beau film, étrange et triste. Horrible, aussi. Sanglant comme un meurtre sauvage. Jackson filme comme on rêve, ou comme on cauchemarde, le long passage de Susie de notre monde à l’autre, comme il avait filmé dans Créatures Célestes l’amour meurtrier de Pauline et Juliet. Il filme à sa manière des mondes interdits, auxquels seuls les morts ou les fous ont accès.

 

(PS : On remarque à quel point le temps passe en voyant vieillir les autres. Par exemple, en voyant Mark Wahlberg, adolescent dans Basketball Diaries - voir « Itinéraire d’un enfant perdu » - père d’adolescentes dans Lovely Bones…)

23:03 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, coup de coeur

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