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13/03/2010

Le Soleil de Minuit

Ces livres que personne (ou presque) ne lit plus


Il traînait depuis un bout de temps dans mon sac, ce petit livre. Un vieux Livre de Poche en mauvais état, acheté sans doute par ma fille ou son beau-père dans une quelconque brocante. A défaut d'autre chose, je l'ai ouvert dans le bus.

Le Soleil de Minuit ne parle pas de l'Eté polaire. Le Soleil de Minuit, c'est un bordel perdu d'une ville de Mandchourie. Un bordel dans lequel le héros retrouve son passé sous les traits d'une femme. Le Soleil de Minuit, c'est un livre de Pierre Benoît, qui a les caractéristiques de la plupart des livres de Pierre Benoît : un homme blessé y raconte a un ami de jeunesse l'amour pourre une femme en A qui l'a conduit à sa perte. Comme dans Königsmark, Axelle, ou le célébrissime Atlantide.

J'aime bien Pierre Benoît. J'aime son style que l'on pourrait qualifier de désuet. J'aime son romanesque exotique. J'aime ses personnages d'hommes fragiles, et de femmes hypnotiques. Je l'aime depuis l'âge de 13 ans, depuis qu'un extrait lu au cours de Français me donna l'envie de savoir ce qu'il advenait du lieutenant de Saint-Avit, fuyant dans le désert sa passion pour Antinéa. Je n'ai certes pas lu toute son oeuvre, mais il me plaît de la retrouver, de temps à autre, comme par hasard, comme les héros malheureux retrouvent leurs amis d'enfance, et en font les confidents de leurs amours tragiques.

Parmi ces livres, que personne, ou presque, ne lit plus, deux ont ma préférence. Königsmark, d'abord. A mes yeux, Pierre Benoît, comme le Cid, pour son coup d'essai voulait un coup de maître. Et l'a réussi. L'amour tragique du jeune précepteur pour l'inaccessible Aurore, mis en miroir avec celui, deux siècles plus tôt, du chevalier de Königsmark pour sa suzeraine est, selon moi, inoubliable. Et Axelle. Axelle, livre de guerre qui ne montre pas la guerre. Axelle, où un prisonnier de guerre apprend à connaître et à aimer, sinon l'Ennemi, une famille ennemie. Axelle, où la rencontre furtive dans une salle de musique entre ce prisonnier et un officier ennemi permissionnaire démontre à la fois l'absurdité de la guerre et la compréhension entre soldats, quel que soit leur camp. Axelle, où pourtant, sont séparés par l'Histoire et par les préjugés "un Français, une Prussienne" qui pour celà ne peuvent pas s'aimer.

 

16:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature

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