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26/04/2010

Faites ce que je dis...

... et pas ce que je fais.


Je ne suis pas une mère parfaite. J'ai commis beaucoup d'erreurs. Mais, grosso modo, je n'ai pas trop mal réussi l'éducation de mes enfants. C'est d'ailleurs ce dont je suis le plus fière, même si j'ai eu la chance d'avoir des gamins formidables. Formidables, mais pas toujours dociles. Mon petit dernier, surdoué et inconscient du danger, m'a donné du fil à retordre plus souvent qu'à son tour. Ai-je parfois eu recours à la fessée ou autres châtiments corporels ? Rarement, mais oui. Ai-je eu raison ? Non. Puis-je, en toute conscience, affirmer que c'était pour le bien de mes enfants, et qu'ils en ont retiré un enseignement ? Certainement pas. Le seul avantage de ces rares fessées a été de me débarrasser de ma colère et, surtout de ma peur. Point. Je ne peux pas les qualifier de "didactiques" : mon fils n'en a rien retenu. Danger public avant, il est resté danger public après.

Ceci étant dit, je reviens au sujet. La fessée est elle une bonne chose ? La fessée est-elle nécessaire à l'éducation ? Et là, je réponds sans prendre de gants : non, et non. La fessée n'est pas bonne, et est encore moins nécessaire. Elle est violente, et par là même, enseigne à l'enfant que la violence est un moyen acceptable pour régler les conflits. Elle met en pratique la loi du plus fort. Mais surtout, elle est souvent illogique.

Parce que frapper un enfant qui en frappe un autre, se mettre en colère sur un enfant en colère, participe au principe du "fais ce que je dis, mais surtout pas ce que je fais". L'éducation ne se fait pas par l'exemple, mais à l'opposé de l'exemple. L'enfant n'est pas invité à imiter l'adulte, mais à faire le contraire de l'adulte. C'est tordu, schizophrène. Le monde l'est aussi, certes, à l'image de ces bombardements censés rétablir les droits de l'homme, ces conquêtes entreprises au nom de la démocratie universelle. Et il est sans doute utopiste de vouloir changer le monde. Il n'empêche, si ce changement commençait par un peu de logique dans nos vies, ce serait déjà ça.

On va me rétorquer l'enfant-roi, le besoin de limites, et la tradition universelle. Qu'on me permette de balayer le dernier argument d'un revers de main. "On a toujours fait comme ça et on n'en est pas morts" est tout sauf un argument. Quant aux limites, elles peuvent très bien (et j'insiste, très bien) être posées sans violence. Quant à l'enfant-roi, il est, paradoxalement, souvent un enfant battu : les parents laissant tout faire jusqu'au moment où ils n'en peuvent plus et... dérapent.

Mais ce que je voudrais dire, avant tout, c'est que la fessée induit des valeurs qui me dérangent. L'obéissance pour l'obéissance. L'autorité pour l'autorité. La loi pour la loi. Or, la loi est à mes yeux subordonnée aux valeurs qu'elle défend. L'autorité est soumise à la loi, et l'obéissance ne peut contrevenir à celle-ci. Ce sont les valeurs qui doivent être inculquées à l'enfant, même tout petit, pour qu'il respecte les autres d'abord, les lois ensuite, par adhésion, et non par peur. Et peut-être aussi, qu'il apprenne que ses supérieurs n'ont pas toujours raison. Et que, parfois, il faut pouvoir dire "non".


Olivier Maurel - La Fessée

13:52 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : livres, enfants

Commentaires

Merci :)

Écrit par : rebeca | 03/06/2010

Nous en avons encore parlée hier et je suis entièrement d'accord avec toi...
Je ne vois pas comment ma fille pourrait comprendre qu'elle ne peut pas me taper si moi-même je la tape...

Une de mes réflexions que je t'ai soumise également et avec laquelle tu étais d'accord (j'en fais profiter tout le monde). C'est qu'un enfant a le droit de ne pas être d'accord avec ce que l'on dit, il a le droit de se mettre en colère. Ce n'est pas pour ça qu'en tant que parent il faut changer notre fusil d'épaule et accepter ce qu'il veut, on peut rester sur et ferme tout en entendant que son enfant n'est pas d'accord.

Rien de pire pour moi qu'un enfant punit parce qu'il n'est pas d'accord, c'est lui apprendre à dire "OUi, AMen" sans réfléchir.

Nous vivons dans une société qui n'accepte pas que les émotions sortent, qui est gênée par quelqu'un qui pleure, se met en colère ou est trop heureux et l'exprime. Et pour moi, c'est bien dommageable car l'être humain a besoin de s'exprimer, de les laisser sortir. Car, en les retenant perpétuellement, on ne fait qu'accroitre le risque de "pêtage de plomb".

Apprenons à écouter vraiment les autres et à les accepter dans leur être émotionnel. Et cela passe d'abord par l'écoute de nos enfants.

Écrit par : Elise | 05/06/2010

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