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17/05/2010

Un dernier pour la route !

A votre santé (ou pas) !


Buzz journalistique et fait divers tragique : un gamin bourré s'est tué en tombant d'un pont parès un apéro géant. Comme d'habitude, le gouvernement Sarkozy (euh... Fillon) réagit : il faut interdire les apéros géants. Mouais. Pourquoi pas interdire les ponts. Ou les gamins, tant qu'on y est. Et pourquoi pas interdire la mort. Interdire l'alcool ? Ils y ont sans doute pensé aussi. Manque de bol, d'autres ont essayé avant. Et ont échoué. Interdire l'alcool, ça ne marche pas (interdire la beuh ou la came non plus, d'ailleurs).

Donc, interdisons les apéros géants. C'est dangereux.

Je ne suis pas fan des apéros géants. Je n'aime pas la foule. Elle me fait peur. Mais certains ont besoin d'être très très nombreux pour s'amuser. Alors, pourquoi pas ? Parce que c'est dangereux ? Est-ce vraiment plus dangereux que les sorties en boîte, que les bals de campagne, que les TD universitaires ? Combien de gamins se tuent sur nos routes tous les week-ends ? Alors, interdire les apéros géants... pourquoi pas la Feria de Nîmes ou les 24 heures vélos...

Mais ne pourraient-ils pas, ces gamins, faire la fête sans se bourrer la gueule ? Bête question : combien d'entre nous, adultes, ont passé leur jeunesse sans être saouls une seule fois ? Honnêtement ? Bien peu, me semble-t-il... Et combien d'entre nous continuent à boire plus que de raison lors de très conviviaux mariages, et de très sérieux congrès ? Oui, je sais, une ex alcoolique ne devrait pas parler de ces choses-là...

N'empêche : nous vivons dans un monde où la fête ne se conçoit pas sans alcool. Où les célébrations se font au Champagne plutôt qu'au Perrier-menthe. Nos fêtes. Nos célébrations. Et j'ai la faiblesse de croire que l'éducation se fait par l'exemple, avant de se faire par l'interdit et la répression. Si nos gamins ont la fête alcoolique, c'est d'abord parce que nous le leur avons appris. Nos excès ont précédé les leurs.

Nos bêtises aussi.

Et nos fêtes.

Nous avons eu des comportements à risques. Nous nous sommes mis en danger. Et nous nous sommes amusés. Bref, nous avons vécu. Devrions-nous leur interdir de vivre parce que nous avons peur à présent ? J'ai peur, je le reconnais. J'ai peur chaque fois que mes enfants sortent pour faire la fête. Mais je les laisse faire. J'ai tort, peut-être. Mais les élever sous cloche ? Plutôt mourir moi-même.

 

 

 

13:38 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dépendances, actu

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