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19/05/2010

Bonne mort

Pas drôle, comme sujet. J'admets.


L'euthanasie. Sujet vaste. Vaste sujet. Vaste, et triste. La mort est toujours triste. Ou presque toujours. Je n'arrive pas à trouver tristes les morts "aragorniennes". S'éteindre en l'acceptant, auprès de ceux que l'on aime, après une vie longue et remplie de bonnes et belles choses, ce n'est pas triste. Mais combien d'hommes, comme le Roi de Tolkien (ou comme mon grand-père qui redoutait tant la souffrance que lui a épargné l'Eternel) ont-ils le privilège de partir ainsi dans la sérénité ? La mort, en général, c'est triste. C'est sale. C'est douloureux. La déchéance qui la précède l'est souvent encore plus. D'autres la qualifieront d'indigne. Pas moi. Un homme ne devient pas indigne quand il souffre. Un homme ne devient pas indigne parce qu'il souffre. Même s'il est dépendant. Même s'il n'a plus toute sa tête, ou plus sa tête du tout. Même s'il ne peut plus contrôles ses sphincters, sa merde, son vomi. L'homme n'est pas indigne, mais digne de compassion.


Je ne suis pas opposée à l'euthanasie. Je dirais même "au contraire" si une part de moi ne me disait pas "tu es folle" en m'en montrant les dérives possibles. Je ne suis pas opposée à l'euthanasie, mais bien à sa dépénalisation, et à la loi qui l'encadre. Je sais, c'est bizarre. D'autant que mon opposition à cette loi ne vient pas de ce qu'elle permet, et de ses dérives possibles, mais de ce qu'elle empêche. De tous ces actes pratiqués en "zone grise", qui paraissent bien plus illégaux maintenant que d'autres du même type sont devenus légaux.


La loi est claire. Elle est précise. Trop précise. Elle encadre. Elle encadre trop. Elle pousse la théorie trop loin, si loin qu'elle ne rencontre pas, ou du moins trop rarement, la réalité de la souffrance, la réalité de la mort. La réalité de la compassion. La loi est celle de la liberté de l'homme. Rien de moins, certes, mais rien de plus non plus. Elle ne prévoit rien hors la liberté du malade. Alors quid du malade qui n'a pas de liberté ? Quid de l'incapable ? Quid de l'enfant ? Quid du mineur non émancipé ? Quid de celui qui se rend compte trop tard de la réalité de la souffrance ou de la déchéance ?


Je comprends qu'il faille protéger les médecins, et tout le personnel soignant. Et qu'il faille aussi protéger les plus faibles. Mais je ne peux m'empêche de penser que je n'adhérerai jamais à la loi sur l'euthanasie que quand elle sera basée, avant tout, sur la compassion.

Même si c'est difficile, pour une loi.


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C'est assez étrange d'apprendre par un message sur un blog la mort d'une personne que l'on ne connaissait que par ses écrits sur le Net. Sur ma page d'accueil se trouve un lien vers "Le Jardin de DB". DB, Dominique Bardel, est décédée il y a quelques jours. Qu'elle repose en paix.

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