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20/05/2010

Hellfest

Cruauté cathartique


"Prenez les satanistes qui chantent qu’il faut tuer les curés, les éventrer et boire leur sang. Prenez leurs auditeurs. Regardez combien ont quoi que ce soit contre les vrais curés et les vrais cathos. Presque aucun, même parmi les plus acharnés des chanteurs de ce genre de bêtises. Ca s’appelle de l’art, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, et ça suit un certain nombre de canons. Il se trouve que parmi les canons du metal, il y a l’anticlericalisme. Et dans un bon film d’action, il y a un méchant qui veut détruire le monde. Et dans un bon livre d’horreur, il y a plein de morts éventrés (ou pas, en fait, mais vous voyez l’idée).
Quelle est la différence? Simplement que les règles de la chanson imposent souvent de parler à la première personne au lieu de la troisième. “nous éventrons tous les curés et buvons leur sang” alors que dans un roman, ça aurait été “M.X attachât les 5 curés à un arbre tête en bas, les saignat comme des porcs, et bût leur sang”. Est-ce que le passage à la premiere personne rend les choses plus scandaleuses?
Je ne pense pas vraiment, c’est juste comme ça qu’on chante, c’est tout." Grégory, sur le blog du Chafouin, le 20 Mai 2010

Débat sur la Hellfest. Je m'abstiendrai de donner mon avis sur le festival en question. Je ne connais rien au Métal ni aux métalleux. Par contre, Grégory soulève un point qui me semble intéressant. La littérature regorge de scènes violentes, sanglantes, de vrais appels au crime quelquefons et, si j'ose dire, ça passe très bien. L'écrit, sans le son et l'image, peut à peu près tout se permettre (et, quand j'écris mes petites histoires, je  ne m'en prive pas. J'ai été "la dépeceuse de Mons", même si mes scènes de violence sont relativement rares. Elles sont néanmoins très violente et, si j'ose dire, très explicitement violentes. Parce que la guerre c'est sale. Parce que le crime c'est moche. Parce qu'un attentat c'est horrible, qu'un viol c'est dégueulasse, et que je ne vois pas pourquoi édulcorer leur description. Certains parleront de complaisance. Je préfère dire "appeler un chat un chat). Le cinéma un peu moins : les images choquent plus que les mots écrits (le choc des photos, disait paris Match). Les cinéastes se permettent néanmoins beaucoup plus qu'il y a cinquante ans, ou même vingt : comparez, par exemple, la reconstitution du débarquement de Normandie dans le Soldat Ryan, par rapport à celui du Jour le plus long. Il me semble que celà se passe de commentaire. Par contre, nombreux sont les films, comme les livres, qui font, sinon l'apologie du crime (quoique... si) du moins preuve d'une crande complaisance avec les criminels.

Quid de la chanson ? Il me semble que, et le grand public, et les autorités la perçoivent différemment. Des chanteurs se voient interdits de spectacle, des pétitions circulent contre des festivals. L'appel à la haine ou à la violence, la violence elle-même, seront plus fortement condamnés lorsqu'ils passent par le média "chanson" que par les autres. Parce qu'ils seront plus violemment perçus ? C'est ce que je me demande. la littérature s'adresse en grande partie à l'intelligence. Le cinéma peut-être un peu moins (quoique...). La chanson, elle, parle d'abord à l'émotion. On la reçoit avec son coeur, avec ses tripes, bien plus qu'avec sa tête. La vionence, la révolte, le Mal, même, y sont, ou y paraissent, de ce fait plus brutaux, plus directs. Et de là, sans doute, plus dangereux.

 

http://penseesdoutrepolitique.wordpress.com/2010/05/19/he...


23:31 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : dame lamberte

Commentaires

Si la chanson me semble en effet toucher clairement plus facilement (et pas exclusivement) sur l'émotion que la littérature, je suis par contre intimement persuadé que la littérature peut toucher tout aussi profondément côté émotion.

Pour rester dans le genre Hellfest, il y a bien un bouquin de littérature classique qui devrait être parlant comme exemple : « Les chants de Maldoror », de Lautréamont.

Écrit par : Benjamin L | 25/05/2010

Si la chanson me semble en effet toucher clairement plus facilement (et pas exclusivement) sur l'émotion que la littérature, je suis par contre intimement persuadé que la littérature peut toucher tout aussi profondément côté émotion.

Pour rester dans le genre Hellfest, il y a bien un bouquin de littérature classique qui devrait être parlant comme exemple : « Les chants de Maldoror », de Lautréamont.

Écrit par : Benjamin L | 25/05/2010

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