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29/05/2010

Pour le meilleur et pour le pire...

... jusqu'à ce que la mort nous sépare.


La mort ne nous a pas séparé. C'est le juge qui l'a fait. Et la vie. Pendant 26 ans, j'ai porté le nom de mon ex-mari. C'est fini. mardi dernier, nous sommes passés au tribunal. Il y a bien longtemps que nous ne vivions plus ensemble. Le jugement n'était là que pour entériner une situationbien établie. Et pourtant...

Et pourtant, je me suis sentie mal à l'aise, mardi dernier. Déphasée. Parce que cette salle du palais de justice (ou plutôt de l'annexe du palais de justice) ne ressemblait pas à un tribunal, mais plus (selon les mots de mon ex-mari) à une "salle des fêtes. parce qu'il n'y régnait aucun ordre, aucune solennité. parce que le jugement n'a pas été rendu "en audience publique", mais dans une petite pièce annexe. Parce que la juge ne trônait pas sur l'estrade, mais était tout bonnement assise derrière un bureau de directrice d'école. Parce qu'elle ne nous a pas interrogés. Parce que nous n'avons rien dû signer.

Parce que cette cérémonie de divorce ne comportait aucun cérémonial. Aucun rituel. Rien.

Rien...

 

Commentaires

C'était dans les années 80. J'étais revenu, de la province où j'avais choisi une sorte d'exil, dans cette ville tant aimée - Paris - où nous avions rendez-vous pour nous rendre, Boulevard du Palais, dans ce vieux et solennel Palais de Justice de Paris où un juge nous a déclarés "désunis par le divorce", si on peut dire.
Nous mettions ainsi un terme à un peu plus de dix années de vie commune, dont une bonne part de souffrances infligées ou subies, mais aussi beaucoup de bonheurs à défaut, peut-être, de bonheur.

Bien difficile, près de trente ans plus tard, de dire vraiment et honnêtement quels furent mes sentiments à l'époque, sauf évidemment le chagrin, mais je me souviens des moments qui ont suivi cet événement. Nous avons descendu les marches de l'escalier monumental, tourné juste à droite puis à gauche pour prendre le boulevard St-Germain. Nous avons suivi le trottoir - ce trottoir arpenté par F Mitterrand qui n'habitait plus en réalité rue de Bièvre - bonne occasion de faire du lèche-vitrine malgré le temps maussade.
Nous nous sommes arrêtés devant un chapelier. Il y avait en vitrine un chapeau en tweed, très "british", très "gentilhomme-fermier"... Nous sommes entrés, et pour la première fois, j'ai porté un chapeau, qu'elle m'offrait.
Cadeau d'adieu.

En 25 ans, nous avons dû nous revoir une seule fois, dans un bistrot, un après-midi. Comme j'ai été bête, ce jour-là. Il est vrai qu'on ne fréquente pas impunément le chagrin tout au long d'une vie.

Faites de beaux rêves.

Écrit par : Régis Hulot | 31/05/2010

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