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23/06/2010

Les trois miracles de Jeremy. Part 6.

Gonzague. Part 4


Gonzague ne s'est rendu compte de la disparition de son bien le plus cher que trois jours plus tard. Signe qu'il s'en détachait ? Sûrement pas ! Coup de pouce du Patron à son humble serviteur, plutôt. C'est du moins ce que je crois. Ou ce que j'espère. Que le Patron, là-haut, jette de temps à autre un coup d'oeil vers moi. Après tout, c'est lui qui m'a choisi.

- Tu en doutes ?

Elle me fait sursauter à chaque fois qu'elle apparaît, sans prévenir, et qu'elle me parle.

- Oui. Non. Je n'en sais rien. Comment voulez-vous que je sache ?

Elle porte une robe blanche et fluide du temps du charleston, et ses cheveux courts sont un casque de lumière. Elle ne ressemble pas plus à un ange qu'à une putain du XVIIème. Beaucoup plus à Daisy je-ne-sais-plus-comment. Celle pour qui se damnait Gatsby.

- Gatsby ne s'est pas damné. Il s'est juste rendu malheureux, à courir après des chimères.

- Gatsby n'est qu'un personnage de roman. Les anges lisent donc les romans parus après leur mort ?

- Les anges voient le monde. Les romans font partie du monde.

- Drôle d'histoire. Drôle de Dieu, qui s'intéresse à des gens qui n'existent pas.

- Ils n'existent pas, mais laissent leur empreinte dans l'Humanité.

- Scott Fitzgerald a laissé son empreinte. Pas Gatsby.

Elle sourit, ironiquement. Elle a l'air de se moquer de moi. Elle est celle qui sait. Pas moi.

- Nous en reparlerons dans 300 ans, Jérémy.

Je n'ai pas le temps de répondre. La porte s'ouvre, et Gonzague entre dans notre chambre tel un diable en furie. Je n'ai pas le temps de réagir. Je me retrouve contre le mur, a demi assomé, le poing de mon compagnon à quelques centimètres de mes dents.

- Où est-elle ?

Je ne lui demande pas de quoi il parle, s'il a parlé, s'il m'a accusé de vol, s'il ma dénoncé.

- Ca ne regarde personne. C'est entre toi et moi. Je sais que tu l'as prise. Alors, où est-elle ?

- Elle est où elle doit être. Où emme n'aurait jamais dû cesser d'être.

Il me lache, hagard, et je m'effondre, la tête en feu, sous le regard goguenard de l'invisible Elisabeth.

 

 

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