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28/06/2010

Les trois miracles de Jeremy. Part 7.

Gonzague. Part 5.


- Pourquoi ? Pourquoi t'as fait ça ?

Je ne sais pas s'il crie ou s'il murmure. Sa voix assourdie me transperce la cervelle. J'ai mal, et j'ai froid, et ne sais que répondre.

- Parce qu'il le fallait. Parce que c'est comme ça.

Tout s'embrouille, et je perds connaissance.

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- Vous êtes avocat ?

Isabelle et Gonzague se sont isolés dans un coin du jardin. Au doigt de l'infirme brille une drôle de bague. Diamants et rubis. Celle que j'ai volé dans le casier de mon compagnon de chambre. Celle que j'ai rapportée à la jeune fille. Celle que son aimé avait, dans une autre vie, dessiné pour elle. Moi, je suis seul avec Eugénie. Eugénie de Maupin-Valandray. La petite soeur. Le genre de fille à qui, avant ma mort, je n'aurais jamais envisagé d'adresser la parole. Le genre de fille à qui jamais je n'aurais dû adresser la parole.

- Je ne suis qu'un toxicomane sans intérêt.

- Un type qui a réussi à convaincre ma soeur de revoir Gonzague, et Gonzague d'affronter son père n'est pas sans intérêt. Sans jugeotte, peut-être, mais pas sans intérêt.

- Sans jugeotte, vous avez raison. Et sans avenir. Vous ne devriez pas discuter avec moi.

- Pourquoi dites-vous ça ?

Parce que je vais bientôt mourir. Parce qu'en fait, je suis déjà mort.

- Je ne suis pas de votre monde. Je ne suis qu'un enfant des rues.

- Et alors ?

Elle sourit. Ses yeux pétillent. Espiègles. Enfantins.

- Ca te dirait, un tour en ville ?

Tu...

- Tu es mineure. Je n'ai pas le droit...

Elle hausse les épaules. Ses rondes et ravissantes épaules.

- Et qui le sait, que je suis mineure ?

Nous signons le registre, et nous voilà dehors. Il fait soleil. Elle me prend la main, et je me laisse faire. Elle se met à courir, et je la suis. Elle nous achète deux cornets de glace. Vanille-pistache. Dieu que c'est bon !

Assis dans l'herbe, nous bavardons de choses et d'autres.

Elle m'embrasse, et je reste pantois.

Elle m'embrasse à nouveau.

Je lui rends son baiser.

Je sais que je ne devrais pas.

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- Mission accomplie.

- .....

- Ce n'est pas le moment de tomber amoureux.

Comme si je ne le savais pas !

- Allez au diable, Elisabeth !

 

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