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08/07/2010

Pureté ? Vous avez dit pureté ?

Etre blessé n'est pas être sali


J’ai été catholique, dans ma jeunesse (et même un peu plus tard). Mais je ne croyais pas en Dieu lorsque j’étais ado. Par rébellion ? Même pas. Je ne croyais pas, c’est tout. Je n’étais pas une petite fille idéaliste, ou du moins, mon idéal n’était pas religieux. Plutôt politique et patriotique. Moi, belgicaine ? Oui, j’assume. Je l’étais, et je le suis restée. Mais là n’est pas le sujet…

Adolescente, je ne croyais pas en Dieu. Pas plus qu’en tous les idéaux qui l’accompagnent, même si j’avais été élevée dedans. « Tu ne coucheras pas avant le mariage ». Soit. Encore aurait-il fallu que je sache ce que ça voulait dire, « coucher ». Dormir dans un lit avec un homme ? Mais alors, quand le voisin, grand séducteur devant l’Eternel, a envers la gamine des gestes plus que déplacés (et même pire), ce n’est pas « coucher », n’est-ce pas ? Ce n’est pas être atteinte dans cette « pureté » dont les martyres sont portées au pinacle ?

Aujourd’hui, l’Eglise, cette même Eglise qui compte comme majeures parmi les Saintes, donc comme exemples à suivre, les « martyres de la pureté » est traînée dans la boue pour avoir pratiqué, et couvert, de nombreux actes à l’encontre de la « pureté » d’enfants, parfois très jeunes. On crie, on s’insurge, on perquisitionne, on vend du papier. Et ? Et personne pour dire que, dans l’ « idéal » chrétien, ces enfants auraient dû « résister jusqu’à la mort » pour atteindre la Sainteté ? Qu’il aurait mieux valu, pour eux, la tombe que le « déshonneur » ?

J’ai horreur de cette façon de penser, qui a malheureusement encore cours. Cette façon de penser qui voit comme déshonorées les victimes de viol. Qui les voit atteinte dans leur « pureté ». D’ailleurs, je déteste le mot « pureté ». Car ces enfants (et ces adultes. Il y en a aussi, des violés adultes) n’ont pas été souillés, ils n’ont pas été déshonorés, ils n’ont pas été atteints dans leur « pureté », ils ont été trahis dans leur confiance. Ils ne sont pas impurs, ils sont blessés. Et leur faire croire, et transmettre l’idée qu’ils auraient dû « préférer la mort au péché » est pour moi un scandale presqu’aussi grand que le péché lui-même.

J’ai eu de la chance, dans ma jeunesse. Celle de n’avoir pas été une gamine idéaliste. Celle d’admirer Maria Goretti pour avoir pardonné, et non pour avoir préféré la mort au viol. Celle de considérer que la bonté d’âme, la charité, la compassion étaient des valeurs bien supérieures à la virginité. Je me demande ce que je serais devenue si ce n’avait pas été le cas. Si je m’étais considérée comme souillée, comme indigne de vivre ?

Je ne sais pas…

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12:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coup de gueule

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