Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/08/2010

Arguments ? Mouais...

De l'outrage au drapeau, et de la corrida


Comme les Carabiners d'Offenbach, j'arrive après la bataille. Parce que ce sont les vacances (d'accord, repeindre une maison de la cave au grenier, ce n'est pas vraiment du farniente). Et parce que les sujets de cet article ne m'intéressent pas plus que ça. Pourquoi en faire un article, alors ? Parce que Dame Lamberte est maso ? Il y a sans doute de ça. Mais surtout, certains des arguments utilisés par les défenseurs du drapeau et de la corrida me troublent.

Commençons donc par les espagnolades. Je ne nie pas son appartenance intrinsèque à la culture hispanique. Je ne nie pas que le spectacle du combat entre Frère Toro (copyright Tschok, sur le blog d'Aliocha) et les héritiers de Manolete et d'El Cordobès puisse être splendide et poignant. J'ai par contre des difficultés avec le fait que la mort, même celle d'un animal, puisse être un spectacle, et encore moins un spectacle artistique. Mais la corrida peut l'être, m'objectera-t-on. D'ailleurs, de grands artistes l'ont prise pour thème central d'oeuvres diverses, picturales, littéraires, musicales. Je ne le conteste pas, pas plus que je ne conteste le talent de Picasso ou d'Hemingway. Par contre, je ne comprends pas que le fait qu'elle ait inspiré de grands artistes rende une chose défendable, voire honorable. Car les grands artistes ont trouvé leur inspiration dans tout et n'importe quoi, et particulièrement dans la tragédie et l'horreur. Vous en verrez défendre le crime passionnel, le combat singulier, la guerre de conquête ou la pédophilie (si... si... même la pédophilie). Celà empêche-t-il ces horreurs d'être horribles ? Celà les rend-il artistiques ? Il ne me semble pas. Je ne mets pas, bien entendu, la mort publique de Frère Toro au niveau de ces tragédies. Je trouve seulement que l'argument d'autorité des génies n'en est pas un.

Comme n'en est pas un non plus, à mes yeux, la mort des soldats dans la défense de la dignité du drapeau. Je sais, je vais choquer, mais tant pis. Je ne nie pas la souffrance, et parfois l'héroïsme, de ces parfois très jeunes gens. Mais ni leur mort, ni leur courage, ne font en eux-même du drapeau quelque chose de respectable. Parce qu'au cours de l'Histoire, et même de l'Histoire récente, des garçons sont morts pour tout et le contraire de tout. Le courage des SS défendant Berlin n'avait rien à envier à celui des pilotes de la RAF combattant dans le ciel britannique, et l'on a vu des soldats tomber aussi bien pour la cause de l'esclavage que pour libérer les esclaves, pour imposer leur Foi que pour défendre la liberté de pensée. On a même vu tout ça dans les plis du drapeau tricolore (enfin, pas à Berlin, je crois, mais pas si loin quand même). Alors, non, je n'arrive pas à accepter cet argument non plus. La guerre est horriblement triste, et terriblement cruelle, et dans chaque camp, des gamins (surtout) tuent et meurent, pour toutes les causes et les idées du monde.

Non, pour moi, ni l'art, ni le sacrifice, ne sont des arguments valables pour défendre quelque cause que ce soit.

 

 

Les commentaires sont fermés.