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15/08/2010

Que celui qui n'a jamais péché...

Des salles se shoot ? Oui ? Non ? Peut-être ?


Le premier ministre françain François Fillon, s'est opposé récemment à sa subordonnée, Mdame Bachelot, au sujet de la mise en place de centres supervisés pour toxicomanes, plus communément appelés "salles de shoot". L'interdiction de ces "salles de shoot" est certainement dans la logique électorale et idéologique du gouvernement français. Malheureusement, elle va à l'encontre, et du pragmatisme, et de l'humanité.

Il ne s'agit évidemment pas de cautionner la toxicomanie profonde. Elle fait trop de mal. Mais de voir la réalité en face, et d'en tenir compte. Les consommateurs de drogues dures par injection sont des personnes extrêmement fragiles, psychologiquement, physiquement et socialement, et extrêmement méfiantes. Ils ne voient pas seulement leur conscience altérée, mais leur confiance. C'est très souvent "eux contre le monde entier". Le monde entier qui juge, qui condamne, et qui ne voit plus l'homme derrière le toxico.  Le monde entier à qui ils font peur, certes, mais qui leur fait peur bien plus encore.

Ces salles, où l'on ne jugerait pas, où l'on ne condamnerait pas, où l'on écouterait, parfois, simplement, pourraient être un moyen de regagner leur confiance et, outre leur éviter des maladies graves et des "bobos" aux conséquences parfois tragiques sur leurs organismes très affaiblis, être le premier pas pour certains d'entre eux vers une resocialisation, voire une désintoxication volontaire à plus ou moins long terme. Parce qu'il n'est pas de désintoxication possible sans confiance. Parce qu'un sevrage forcé aboutira toujours à l'échec. Et à la mort.

Bien sûr, elles ne seraient pas des panacées, ces salles. Mais peut-être un lién ténu pourrait-il s'y nouer entre le toxicomane et le monde extérieur à la dope. Peut-être. Et de là, peut-être encore, pour certains, les substituts, le sevrage et la désintox, avec une petite chance de retrouver une vie saine. Une toute petite chance. A laquelle on pourrait se raccrocher. Malgré tout.

Oh, je sais, tout celà a un prix. Et dépenser des sous pour des crétins qui sont responsables de leur déchéance... C'est ce que je lis, ces derniers jours, à gauche et à droite. A celà, je ne peux que répondre que ces "crétins" font partie des nôtres, et que la solidarité sociale se doit de jouer pour tout le monde. Que nous ne savons pas ce qui les a fait tomber, ces garçons et ces filles. Et aussi... Sommes-nous si parfaits ?

Que celui qui n'a jamais péché leur jette la première pierre.

15:03 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toxicomanie

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