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19/09/2010

Cavale...

Drôle de fuite...


Il y a deux mois, le braqueur d'un casino était abattu par la police.Six semaines plus tard, Moncif G., soupçonné d'être son complice, était arrêté par la police, inculpé (oui, je sais, en France, on dit "mis en examen", mais je parle belge, moi) par le juge d'instruction, et pourtant laissé en liberté (sous contrôle judiciaire) par le JLD (le magistrat chargé d'emprisonner préventivement ou pas). Hurelements des sndicats de police, tollé gouvernemental,déchaînements dans la presse contre cette décision. Parce que, tout le monde le sait, ma bonne dame, les juges c'est rien qu'un ramassis de gauchistes qui font rien qu'à relacher les voyous, voyons...

Je ne reviendrai pas ici sur les émeutes de Grenoble qui ont suivi la mort du braqueur, ni sur la détension provisoire. Je ne prétendrai pas que Moncif G. n'était pas un voyou. Mais une chose me tracassait depuis le début de l'affaire : il était présenté comme "en fuite", ou "en cavale".

En cavale ? Ah bon ?

Il n'était pas à son domicile lorsque la police l'a interpellé, soit. Il était chez des amis, à 20 km de là. Se "cacher" à 20 km (en montagne !) de chez soi quand on est "en cavale", c'est bizarre. Et que celui qui n'a jamais logé chez des amis lui jette la première pierre (où étais-je, avant-hier soir, moi, au fait ?).

Il savait que la police le recherchait, et n'a pas été à sa rencontre. Ouais, bon, s'il est innocent, le gars, pourquoi aurait-il été se présenter spontanément au commissariat ? Pour dire "oui, je connais le braqueur, mais j'ai rien fait, m'sieur" ? Et comment aurait-il dû savoir que la police le recherchait, lui ? Par le téléphone arabe ? Ca me semble bien léger pour accuser quelqu'un d'être "en cavale.

Mais ce n'est pas tout...

La Cour d'Appel de Grenoble, saisie par le parquet qui n'était pas content de la décision du JLD, a confirmé celle-ci. Et dans ses attendus, on trouve çà :

"Attendu que les documents produits par le conseil de Moncif G. permettent d’établir qu’il s’est présenté à une convocation du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de GRENOBLE le 22 juillet 2010..."

Alors là, un délinquant en cavale qui se rend à la convocation de son agent de probation, je n'ai encore jamais vu ça. Faut croire que la police et le parquet de Grenoble, si... Heureusement, la Cour d'Appel, elle, manque moins de logique, et considère que :

"ce... n’est pas l’attitude d’un délinquant “en cavale” "

... c'est le moins que l'on puisse dire.

 

07:37 Publié dans Justice | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : prison, france

Commentaires

D'accord pour l'argument "en fuite, en cavale" qui ne correspond pas aux faits.
Pour le reste, il est totalement vrai que la magistrature en france a toujours été (avec son école nationale de la magistrature) un repaire de gens à gauche, mais surtout "militants" de gauche, et qu'ils sont toujours pleins de mansuétude à l'égard des délinquants; vous savez, les gens commencent à en avoir marre, quand la police arrête un délinquant en flagrant délit, de le voir vite relâché, et de voir les banlieues s'enflammer dès qu'un des leurs qui a fait une connerie se retrouve malheureusement tué (ils savent les risques qu'ils prennent, non ?)

Écrit par : thalyssette | 21/09/2010

Les juges français ont effectivement la réputation auprès du public (ou d'un certain public) d'être "de gauche" (même si je ne vois pas trop le rapport entre la gauche et le "laxisme", mais bon...). Ils le sont sans doute moins qu'il y a vingt ans puisque les peines prononcées sont plus sévères qu'alors.

Mais cette pseudo-cavale me pose une autre question : comment se fait-il que ni la police ni le juge d'instruction n'ont pas été fichus de se rendre compte que le type "en cavale" était passé chez son agent de probation ? S'il était précisément recherché, pourquoi n'ont-il pas interrogé cet agent de probation ? S'cusez-moi, mais je trouve que ça fait "amateur". Ou pire.

Écrit par : lambertine | 22/09/2010

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