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24/09/2010

La "belle" et la "bête"

L'une est condamnée à mort, l'autre a été exécutée hier.


Jeune, j'étais une fervente partisane de la peine de mort. J'ai changé. Pour diverses raisons. Je ne crois plus, par exemple, à son effet dissuasif. Et je crois, par contre, que la société, c'est à dire nous, n'a pas à se vouloir assassine. Je peux comprendre la vengeance immédiate d'une victime ou de ses proches, pas l'exécution "avec préméditation" d'un coupable, quel qu'il soit.

Je n'accepte pas la condamnation de Sakineh Mohammadi. Pas plus que je n'accepte l'exécution de Teresa Lewis.

Quelque chose, cependant, m'irrite profondément. Car autant le sort de la première a ému la planète entière - ou presque - autant la mort de la seconde s'est déroulée dans l'indifférence la plus totale - ou presque. Les crimes dont elles sont accusées - l'assassinat de leur mari par la main de leur amant - sont pourtant étrangement similaires.

Mais la première est iranienne, condamnée par les tribunaux islamiques d'un état proche d'un Moyen-Age fantasmé, la seconde est américaine, citoyenne de la "première démocratie du monde". L'une est visiblement intelligente, l'autre à la limite de la débilité mentale. L'une est belle, l'autre pas.

Sakineh Mohammadi aurait-elle autant de défenseurs si ses bourreaux n'étaient pas nos ennemis du moment ? J'en doute, hélas. Un bon nombre des soutiens de la condamnée étant par ailleurs de fervents défenseurs de la peine de mort.

Et sans doute Teresa Lewis ne serait-elle pas morte dans l'indifférence quasi générale si elle avait eu un visage d'ange.

Que Dieu, s'il existe, et quel que soit le nom qu'on lui donne, protège l'une, et accueille l'autre en son sein.

 

Commentaires

S'Il existe, il ne peut qu'être miséricordieux, évidemment.
C'est pourquoi il est difficile d'imaginer qu'Il n'accueille pas celle qu'on vient de tuer, de manière d'ailleurs épouvantable dans sa procédure et sa technique.

Je crains davantage les comptes que je risque d'avoir à Lui rendre pour avoir, comme tant d'autres, été si silencieux quand il était encore possible de protester contre cet attentat à la dignité humaine, la table, les sangles, la série de piqûres... l'abjection.

RH

Écrit par : Régis Hulot | 25/09/2010

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