Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

15/10/2010

Justice immanente

Non, Monseigneur, l'amour ne se venge pas.


Je suis catholique. Ou, plus précisément, pour être honnête, de tradition catholique. Je ne fréquente plus les églises que les jours de fêtes, et je suis sans doute aux yeux de beaucoup une grande pécheresse, mais je crois en Dieu et aux forces du mal (oui, oui, sans rire). Et je crois aussi que le représentant national d'une religion qui se veut de paix et d'amour (non, je ne suis pas ironique), et le messager d'un homme qui fréquentait, en son temps, les "causes perdues" de son monde devrais s'en référer un peu plus à l'esprit des textes fondateurs de sa religion, et faire preuve d'un peu (enfin, de beaucoup) plus de charité chrétienne, et de compassion.

Ainsi donc, le Sida serait une manifestation de "justice immanente", et une "vengeance de l'amour malmené". Waouw. Que le Primat de Belgique rappelle les bases de la morale chrétienne, soit, c'est son job : Tu ne commettras pas l'adultère, pas de sexe hors mariage (même si t'es curé) etc... etc... Mais de là à imaginer que l' "amour" puisse se "venger", alors là... chapeau bas ! J'ai rarement lu un anthropomorphisme aussi ridicule. Monseigneur, je ne suis qu'une petite belge sans intérêt, pécheresse et divorcée, mais je ne peux imaginer une seule seconde que l' "amour" puisse se "venger". Parce que l' "amour", c'est un concept, c'est un sentiment, mais ce n'est pas "quelqu'un", ce n'est pas un homme, et seuls les hommes se vengent. L'amour n'a pas de sentiments.

Le Sida, "justice immanente" ? le terme "immanent" ne me choque pas. Ce qui me choque, c'est le terme "justice". Il n'y a rien de juste à tomber malade, même quand on a "fauté" ou, plutôt, quand on a adopté une conduite à risques. Loin de moi l'idée de déresponsabiliser qui que ce soit. Si vous couchez, protégez-vous. Si vous vous piquez, utilisez des seringues propres. Il n'empêche : certains sont contaminés par une seule relation malheureuse, d'autre ont beau multiplier les aventures, ils restent aussi sains qu'une pucelle non tranfusée. Alors, "justice" immanente ? Non, Monseigneur. Destin, malchance, hasard de l'existence, voire providence divine (eh oui... les voies du Seigneur sont impénétrables), mais justice, immanente ou pas, certainement pas.

Et, quel qu'il soit, un malade du Sida est malade. Et, en tant que tel, et en ce qui concerne sa maladie, il a droit à notre compassion, à votre compassion d'homme de Dieu, Monseigneur, comme les lépreux, les aveugles et les paralytiques que Jésus guérissait sans leur demander leur C.V., sans leur faire de reproche, sans leur dire, comme vous le faites en d'autres termes "tu l'as bien cherché". Même s'il est débauché, même s'il a posé des actes "que la morale réprouve".

Même s'il a eu une "conduite à risque".

Les commentaires sont fermés.