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08/11/2010

Aragorn sous l'Argonath. Part 5.

Part 5


Tendre et humain.

- Tu y comprends quelque chose, toi ?

Alain n'a jamais été très sensible à l'Art. Il l'est encore moins depuis qu'il a cessé toute consommation de produits illicites. Mon compagnon est aussi cartésien que peut l'être un homme.

- Je crois, oui. Un peu, du moins.

J'ai, quant à moi, une part de mon esprit ailleurs. Dans un autre univers. Pas cartésien du tout.

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Un jour. Puis un autre. Puis un autre encore. Ce que je faisais là, dans cette chambre d'hôpital, au chevet de ce garçon qui ne bougeait pas, qui ne réagissait pas, qui n'était rattaché à la vie que par des perfusions et un respirateur, je l'ignorais. Je me disais parfois que j'étais stupide. Que ma présence n'avait pas de sens Que j'étais ridicule de lui raconter les derniers potins de l'Université. Que je l'étais encore plus de lui lire cette histoire de nains fumeurs de pipe et d'anneau maléfique. Pourtant, jour après jour, je revenais, je parlais à Vincent, et je lisais. Avec l'espoir, peut-être, de le rattacher à la vie, par un autre moyen que les perfusions, et le respirateur. Chacun tente de survivre, de racheter ses fautes, comme il peut. C'était ma façon à moi de tenter de réparer.

Au debut, ils avaient peur, sortis de l'abri du bois. Loin derriere eux se dressait l'endroit eleve ou ils avaient pris le petit dejeuner. Frodon s'attendait presque a voir sur la crete la silhouette distante d'un cavalier se detacher sur le ciel; mais il n'y en avait aucun signe Le soleil, echappe des nuages demembres comme il descendait vers les collines d'ou ils venaient, brillait maintenant de nouveau de tous ses feux. La peur les quitta, bien qu'ils se sentissent encore assez mal a l'aise. Mais le pays, de moins en moins sauvage, se faisait ordonne. Ils ne tarderent pas a arriver dans des pres et des champs cultives; il y avait des haies, des barrieres et des fosses d'irrigation.

Ce livre, cette histoire, m'étaient tombés entre les mains le soir de l'accident, sur le lieux de l'accident. Ce n'était pas un hasard. Ce ne pouvait pas être un hasard. Bon Dieu, je devenais aussi peu rationnelle que ces fermiers de province s'imaginant pouvoir sauver le monde en se débarassant d'une bague !

Mais j'espérais ! Même le jour où je trouvai la chambre occupée par quelqu'un d'autre. Je ne pouvais pas croire à la mort de Vincent.

Vincent ne voulait pas, n'avait jamais voulu mourir.

- Il n'est pas mort, Mademoiselle. Nous l'avons seulement changé de service. Nous ne pouvons plus rien faire pour lui. Qu'attendre.

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- Ca vous plaît ?

- Me plaire... je ne le dirais pas comme ça. Mais ces oeuvres me touchent. Henri ?

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