Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

20/11/2010

Aragorn sous l'Argonath. Part 6.

Part 6


Il a plus changé encore que sa mère. Il n'est plus ni pâle, ni maigre, ni alité. Ses grands yeux de ciel pétillent de vie. Ses lèvres sourient. sa voix est franche et claire.

- Oui , Apolline.

- Vous avez changé. Je ne vous aurais pas reconnu.

- Je t'aurais reconnue entre mille. Rien qu'à la voix.

..........................................................................................................................................................................................................

Et il s'élanca en avant. Mais son espoir se mua bientot en un ahurissement alarmé. Les taches sombres se faisaient plus sombres encore, mais elles rétrécissaient, et tout a coup il vit, dressées devant lui de facon menacante et legerement penchées, l'une vers l'autre comme les montants d'un portail sans linteau, deux enormes pierres levees. Il ne se rappelait pas en avoir vu aucun signe dans la vallée, quand il avait regardé le matin du haut de la colline. Il avait deja presque passé entre elles quand il s'en apercut: et à ce moment même l'obscurité parut tomber autour de lui. Son poney se cabra et s'ebroua, et il tomba à terre. Quand il regarda en arrière, il vit qu'il était seul: les autres ne l'avaient pas suivi.

Il paraissait paisible sur son lit d'hôpital. Attentif à ma lecture malgré ses yeux clos et son visage de cire. Ou bien me faisais-je des idées ? Se rendait-il compte de l'endroit où il se trouvait ? Mes paroles atteignaient-elles quelqu'un d'autre que moi même ? N'était-ce pas pour moi seule que je lisais ce livre étrange ?

Vingt heures trente. Fin des visites. J'avais refermé le Seigneur, laissant Frodon et ses compagnons aux prises avec les maléfices des Galgals. J'avais embrassé Vincent sur le front, et quitté la chambre, comme une ombre discrète. J'avais besoin d'un verre, et d'une cigarette. Surtout d'une cigarette. Je l'avais allumée, sur le pas même de la porte de l'hôpital. Je n'étais pas seule dans ce cas.

- C'est votre frère ? Le garçon à qui vous rendez visite ?

 

Elle avait les cheveux gris noués en queue de cheval. Une robe noire trop grande pour elle. Un visage terne sans maquillage.

- C'est un ami. Je vous dérange peut-être, lorsque je lui parle ? Les inconvénients des chambres à deux lits...

- Non. Mon fils n'entend rien, de toutes façons. Quant à moi, votre lecture m'empêche de penser. Ca vaut mieux, sans doute.

Elle m'avait tendu une main tremblante, décharnée. Morbide.

- Je m'appelle Caroline L'Herbier.

- Apolline Sauveur, avais-je répondu, prenant cette main contre mon gré.

......................................................................................................................................................................................................

- Mariée ?

- Pas encore. Mais toujours en couple.


 

 

Les commentaires sont fermés.