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27/11/2010

Les ennemis de Dieu

Tu es Poussière, et tu retourneras en Poussière...


Il était une fois une petite orpheline espiègle qui vivait dans une prestigieuse université...

Le roman de Philip Pulmann, A la Croisée des Mondes, commence comme un conte pour enfant. Une petite fille, Lyra, fait les 400 coups dans les couloirs d'Oxford. Jusqu'au moment où son meilleur ami disparaît. Et où elle apprend qu'elle n'est pas orpheline, mais la fille cachée d'un savant de haut vol et de son ennemie mortelle. Là démarre l'aventure. Ou le conte philosophique. Un conte qui, bien qu'initialement paru (à tort, sezlon moi) en littérature "jeunesse", est cynique et cruel. Un conte où la Mort - et pire encore - est présente à chaque page. Un conte où les "ons" ne sont pas "gentils", où "on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs".

Un conte dont le but final, comme celui de son "héros", Lord Asriel, est la mort de Dieu.

Car Dieu y est un imposteur. Pire encore, un imposteur faible et manipulé. Autant dire que les livres de Plulmann ne plairont pas à tout le monde. Mais ce serait dommage de s'en priver, pourtant, car cette histoire, cette aventure qui part d'un Oxford parallèle pour nous entraîner vers un au-delà mythique en passant par un Londres bien contemporain, est d'une incroyable richesse. Hymne au plaisir, à la liberté, à la jeunesse, empli de références philisophiques et de personnages hauts en couleur, elle parle à la fois à notre cerveau et à notre coeur. Coeur qu'il faut avoir parfois bien accroché, certaines scènes étant d'une cruauté presqu'insoutenale. A la croisée des Mondes n'est pas, pour moi, un livre "pour enfants", même si ses personnages centraux n'ont pas encore atteint l'âge adulte. La fin en est d'ailleurs poigante, et d'une mélancolie inégalée.

Pour moi, un des meilleurs romans des vingt dernières années.

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