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16/01/2011

Aragorn sous l'Argonath. Part 7

Part 7


- Avec le même garçon ?

- Oui. Alain. Vous... Tu...

- Tu. C'est mieux.Je ne suis pas si vieux.

Pas vieux, non. Un peu plus âgé que moi. De l'âge d'Alain. Et de Vincent.

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Personne ici ne le peut, dit Elrond avec gravité. Tout au moins personne ne peut predire ce qui se passera si nous prenons telle ou telle route. Mais il me semble voir clairement à présent laquelle nous devons prendre. La route de l'Ouest parait la plus aisée. Il faut donc l'eviter. Elle sera surveillée. Les Elfes ont trop souvent fui par là. Maintenant, en cette ultime circonstance, il nous faut prendre une route ardue, une route imprévue. Là réside notre espoir, si tant est que c'en soit un. Nous engager dans le péril - aller vers le Mordor. Il faut envoyer l'Anneau au Feu.

Elle revenait, jour après jour. Tout comme moi. Moi seule, de notre ancienne bande de copains. Les autres... Avaient-ils trop peur ? Se sentaient-ils trop coupable ? Vivaient-ils trop avec l'absence des disparus ? Il n'était pas question d'indifférence. Peut-être était-ce même le contraire, comme pour Alain que la mort de sa soeur rongeait au quotidien. Je n'étais pas meilleure qu'eux. Ni plus forte. Je me sentais seulement l'obligation, le devoir d'être présente, au quotidien, au côté de ce corps qui semblait s'accrocher à un semblant de vie, et dans lequel j'avais parfois du mal à reconnaître Vincent. L'obligation aussi, aussi bizarre que ce la puisse paraître, de lui lire à chaque fois quelques pages de ce livre qui tissait un nouveau lien entre nous, tel un pacte. Démonique ? Ou divin ?

A ce moment, Gandalf leva son baton et, criant d'une voix forte, il frappa le pont devant lui. Le baton se brisa en deux et tomba de sa main. Un aveuglant rideau de flammes blanches jaillit. Le pont craqua. Il se rompit juste au pied du Balrog, et la pierre sur laquelle il se tenait s'ecroula dans le gouffre, tandis que le reste demeurait en un équilibre frémissant comme une langue de rocher projetée dans le vide.

Elle demeurait la plupart du temps silencieuse, tenant simplement la main de son fils entre les siennes. Au fil des jours, j'en apprenait un peu plus sur le compagnont d'infortune de Vincent. S'il avait le même âge, il en était différent au possible. Délinquant. Dépressif. Accro à mille et une substances depuis l'âge de quinze ans. Rien à voir avec l'étuèdiant de troisième cycle posé et sérieux qui ne devait son absence dans ce lit d'hôpital qu'à notre bêtise, et à l'imprudence de la fille qu'il aimait. Henri, suicidaire, s'était jeté du cinquième étage dans le but de mourir. Mais la mort n'avait pas voulu de lui.

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- Tu sembles avoir trouvé ta voie.

- J'accepte ce que je suis, à présent. J'accepte qui je suis.

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