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08/02/2011

Feignasse !

Ca fait un bout de temps que je n'ai plus posté. Je vous copie-colle donc un texte de ma fille. La feignasse, c'est moi, hein, pas elle !


Petite Aurore,

cela fait maintenant 2 semaines que tu es avec nous et que nous pouvons te cajoler, te serrer dans nos bras, t'embrasser et partager à 4 ce bonheur intense...

Et oui, ta venue, nous l'avons attendue depuis de longs mois et ces dernières semaines encore plus. En effet, même si ta naissance était prévue pour ce 12 décembre, de nombreux signes sont apparus bien avant nous confirmant que tu préparais ce grand moment tout doucement.

Le 30 novembre, j'ai terminé les derniers spectacles de mes élèves, je pouvais à présent me consacrer complètement à notre rencontre. Les contractions étaient déjà présentes et le lendemain, j'appris qu'une partie du travail était déjà fait... 3 cm d'ouverture en moins nous séparaient de notre rencontre. Rencontre que j'ai bien crue toute proche en ce 1 décembre en pleine tempête de neige... Les contractions étaient régulières, toutes les 6 minutes depuis de nombreuses heures alors vers 18h, on a pris notre courage à deux mains et nous sommes partis, Papa, Zoé et moi vers la maternité... Il faisait tout blanc, c'était magnifique... Mais après un monitoring et une vérification du col, malgré les contractions bien présente, il fallut se rendre à l'évidence que ce n'était pas encore le jour J.

J'ai fais ce qu'on appelle un faux travail... le premier d'une longue longue série avant ta naissance. Chaque jour, les contractions étaient là, douloureuses, régulières, augmentant à chaque fois d'intensité mais rien de concluant, le serpent continuait de se mordre la queue comme le dit très justement Françoise, ma sage-femme.

Ces faux travaux m'ont pas mal fatiguée physiquement mais aussi moralement... J'ai beaucoup pleuré, je me suis mise en colère, j'ai désespéré, j'ai ri, j'ai fait le vide autour de moi, ne voulant plus parler à personne... Je savais qu'il fallait attendre le bon moment, celui où chacune de nous deux seraient prête à faire le grand saut vers l'inconnu de notre rencontre. Ce furent 10 jours intenses, durs à gérer pour moi et pour ton papa... mais qui, quelque part annonçait notre rencontre toute proche.

Vendredi 10 Décembre:


Après avoir fait un monitoring à Braine-l'Alleud, Zoé et moi sommes allées au « Parle-Jeux », première sortie pour moi depuis plusieurs jours... J'ai eu l'occasion de partager un peu ma baisse de moral avec les mamans d'A., de Cl. et J. ou de S., cela m'a fait un bien fou d'en parler, de voir des gens, moi qui ne voulait plus parler à personne, voilà que ce vendredi, je décide de passer un maximum de temps avec des gens. Zoé est toute mignonne et vers 17h, revoilà les contractions bien intenses qui reviennent toutes les 8 minutes... Je ne dis rien à ton papa, suspectant encore un faux travail, on décore le sapin avec Zoé qui est toute folle de voir cet arbre dans la maison et nous décidons d'aller chez des amis boire un verre. J'ai toujours des contractions et cette sortie, c'est un test: Contractions: Stop ou encore? Ce sera Stop...
Je vais me coucher assez tard, je n'arrive pas bien à dormir... Les nuits sont difficiles, ces temps-ci.

Vers 3h, je dors dans mon lit quand tout à coup une contraction très forte envahit mon corps, un grand bruit de ballon qui se dégonfle et la sensation d'être trempée. Je me réveille, je suis mouillée mais pas de liquide amniotique, c'est juste de la sueur... C'était un rêve... quelques contractions plus tard, je me rendors jusqu'au petit matin.


Samedi 11 Décembre:

Je me réveille tôt. J'en ai marre... Ce rêve m'a un peu chamboulée et je prends le temps de te parler, de te dire que je veux te rencontrer. Ce n'est pas la première fois que je te le dis depuis le 1 décembre mais cette fois-ci, je te dis que oui, j'ai un peu peur, peur de faire une hémorragie comme ma maman ou une L. Qui a accouché en Octobre mais que l'envie de te voir, de te serrer dans mes bras dépasse nettement cette peur, que je suis prête à l'affronter et à t'accueillir. Je te dis aussi que tous ces faux travaux me font peur parce que chaque jour qui passe me fatigue un peu plus et que j'ai peur, après ta naissance, d'être trop fatiguée et de faire un baby blues... Je te parle tout en sentant de nouveau de belles contractions. Il est 10h du matin. Les contractions s'enchaînent toutes les 10 minutes.

Je commence à m'activer, j'emballe les cadeaux, je range, je ne sais plus m'arrêter de bouger, les contractions commencent à faire bien mal... Je n'ose espérer mais elles s'intensifient. Tout doucement, je rentre dans une bulle, je mets la musique que j'ai préparé pour ta naissance et je continue à marcher dans la maison, à lancer les lessives... A 12h30, elles sont toujours là, toutes les 8 minutes et bien intenses, je décide de faire une petite sieste pour voir si c'est le travail ou pas... Je m'endors et les contractions s'espacent à nouveau... Quand je me réveille, je suis vraiment déçue, pour moi c'est à nouveau un faux travail et je décide d'appeler F., ma sage femme, pour lui parler et lui demander ses remèdes homéopathique pour « accélérer » le tout vu que le lendemain, je serai à 40 SA. Au téléphone, je pleure, je lui dis que j'en ai marre, que je ne sais plus quoi faire, etc. Elle décide de venir me voir vers 20h. Il est 14h.

Je raccroche et revoilà les contractions, bien intenses à nouveau. Avec papa, on range la bibliothèque, je nettoie, je fais les gaufres que je veux faire depuis des jours pour Zoé. Les contractions s'intensifient encore et encore, elles se rapprochent. A 17h, elles s'enchainent toutes les 5 minutes. On décide d'aller faire quelques courses au Delhaize pour pouvoir manger ce soir... Encore un test pour mes sensations et cette fois-ci... Les contractions ne s'arrêtent pas, elles s'intensifient même pendant les courses. Je commence à y croire, à me dire que ça y est, qu'on va peut-être enfin se rencontrer.

On rentre, elles sont toujours là, toujours plus intenses. Je dis à ton papa que je ne tiendrai pas jusqu'à 20h à la maison, que je crois que c'est enfin le grand jour et que, vu que j'étais déjà à 3 cm, il ne faudrait pas trop attendre. On mange rapidement à 18h30 et à 19h, j'appelle F. Qui n'est absolument pas étonnée et qui me dit de me rendre à Braine et qu'elle m'y rejoint. On appelle ta mamy qui doit venir prendre Zoé à la maternité et on se met en route.

Dans la voiture, je suis à la fois excitée et pleine d'espérance. Je scrute les contractions qui sont moins douloureuses dans la voiture mais se réintensifient une fois sortis. Il est 20h. A la maternité, on nous attend, je suis pour le moment la seule « future maman » et on m'installe dans la salle jaune.
L'infirmière me propose de voir où en est mon col avant de faire le monitoring. J'accepte. Ton papa emmène Zoé dans le couloir où l'attend mamy. F. Arrive à ce moment là pour le verdict: 3 cm !!!

Ca n'a pas bougé ! 10 heures de contractions et rien... je m'effondre, je ne comprends plus rien, je ne sais plus comment interpréter les signes. Tout semblait être en route, les contractions qui s'intensifient, ne disparaissent pas, se rapprochent... tout ça pour rien?

On me met sous monitoring pour vérifier les contractions et on décide que Zoé passera tout de même la nuit chez sa mamy. Ton papa et moi nous retrouvons seuls avec F. À gérer les contractions car elles sont belles et bien là, le monitoring le confirme... Régulières et bien intenses... F. Me dit de ne pas le regarder, de respirer, etc. On parle, je pleure. Au bout d'une demi-heure, vu mes contractions bien présentes, l'infirmière me propose de me garder en observation durant 2 heures pour voir comment ça évolue.

Durant ces 2 heures, je vais marcher et essayer de comprendre pourquoi, pourquoi je n'arrête pas de pleurer, de comprendre ce qui me touche à ce point là. Progressivement, je réalise que c'est de ne pas savoir, de croire à chaque fois que c'est le moment, de ne plus pouvoir faire confiance à mon corps, en mes sensations, j'étais tellement sûre cette fois-ci, j'avais attendu des heures pour être certaine avant de me rendre ici, dans cette salle. Et je voudrais tellement que la solution soit claire: soit j'accouche, soit les contractions s'arrêtent.

22h. Nouveau TV, je suis un peu stressée, je souffle, couchée sur l'immense table de la salle. Et ça y est ! 4 cm ! Ca a bougé ! Le col n'est plus cerclant, c'est pour cette nuit !!! Enfin... mes sensations étaient donc bonnes. Je suis heureuse et sereine, prête à vivre cette grande aventure avec toi. J'installe les photos de Zoé que j'ai prise pour créer ma bulle, je mets ma musique, je garde contre mon coeur les 2 doudous ( 1 de Zoé et le tien) et je m'enveloppe de ma couverture. Et je marche, je marche tout en riant entre les contractions avec ton papa et F.

1h. Nouvel état des lieux. Les contractions sont de plus en plus intenses mais je suis entièrement détendue pour accepter la douleur. Ton papa me masse le bas du dos, ça fait un bien fou. L'infirmière vient vérifier où j'en suis: le col s'efface, il devient antérieur mais reste à 4 cm.

Ce n'est pas grave, pour moi, ça avance et je commence à me dire en riant que le deuxième accouchement rapide, ce ne sera pas pour moi. Je reste dans ma bulle.

2h 45. Ton papa s'endort, F. Est sortie, je suis seule, ça fait du bien aussi. Nous sommes toutes les 2, rien que nous 2, je te parle de ta venue toute proche, de notre bonheur... Je fatigue un peu alors, entre les contractions, j'essaie de m'assoir et de m'assoupir un peu... mais cette position assise... ce n'est pas très agréable. Je marche encore. Je me mets en robe de nuit. Les contractions s'intensifient encore, elles nous rapprochent. Vers 3h30, l'infirmière revient et ton papa se réveille. Je me couche sur la table. Je n'aime pas cette position, je ne me sens pas à l'aise. L'infirmière vérifie mon col : Le col est effacé mais reste encore à 4 cm. Le travail est long, il ne s'accélère pas et selon l'infirmière, cela risque de durer encore très très longtemps. Elle me propose de percer la poche des eaux. Je ne sais pas quoi penser, je voulais le faire le plus tard possible. Elle me dit que je peux réfléchir, d'en parler avec F. Et qu'elle reviendra dans une heure.

Je me remets à marcher, F. Revient. On décide d'attendre, de voir comment cela évolue surtout que les contractions sont vraiment vraiment très intenses. Je me mets à 4 pattes pour les traverser, j'ai mal en bas du dos, très très mal. Je vocalise, à chaque contraction, sa fréquence pour diminuer la douleur, je comprends enfin ce que voulait dire ma prof de formation vocale qui faisait voyager notre voix dans le dos. Je me dis que c'est ma meilleure péridurale.
Je me lève. Je marche. Nouvelle contraction. Je me mets à 4 pattes. Ton papa me touche, il pousse dans le dos. Je ne veux pas. Je lui dis. Entre les vocalise. L'atmosphère est joyeuse. Il me fait rire. Pendant une contraction, c'était peut-être pas la meilleure idée. La douleur est terrible mais étrangement, je me sens bien. Je suis toujours aussi sereine. Je regarde la photo de Zoé, son sourire m'apaise, ma grande fille qui va être grande soeur...

4h30. L'infirmière revient. Je me recouche. 4 cm. Encore. Toujours. Malgré l'intensité des contractions. On est tous d'accord, on va percer la poche. Elle prépare tout et tout d'un coup, un liquide chaud se déverse, je me sens me vider, je te sens nettement plus dans mon ventre. Tu es là, toute proche. Une contraction. C'est terrible. Je pensais avoir mal avant mais là... Comment peut-on avoir si mal.

On me coule un bain. Je ne sais presque plus marcher. J'ai tellement mal. Il faut désinfecter mes pieds. Je me couche dans le bain. F. Me met une serviette chaude sur le côté. Ca fait du bien. Les contractions s'enchaînent. J'ai mal. J'ai la sensation de devoir aller à selle. Désagréable sensation dans le sacrum. Ton papa pose sa main. Non. Je ne veux pas. Je ne veux plus qu'on me touche. La contraction s'arrête, je souffle, je suis fatiguée. Une nouvelle. C'est horrible, je veux pousser. Je veux vocaliser. Ca ne marche pas. Ma voix ne veut plus sortir. J'ai trop mal. On revérifie mon col. Ca avance, je suis à 5 cm.

Je me sens mal. Le bain. Je ne veux plus rester dans le bain. Je m'y sens mal. Ca ne va pas. Je veux sortir. Je n'ai presque pas de force pour me lever mais vite, il faut sortir, sortir de l'eau. Contraction. Envie de faire caca. Je le dis, je n'arrêterai pas de le dire à chaque contraction. C'est désagréable, rien ne vient. Cette sensation en plus de la douleur... C'est horrible. Je veux m'assoir mais non, ça fait trop mal... Ton papa est là ainsi que F. Et l'infirmière, ils me soutiennent à chaque contraction. Je ne veux pas qu'ils me touchent, j'ai trop mal. Je marche. Je me mets à 4 pattes. Non. Ca fait trop mal, je ne trouve pas de position. Et encore une. Douleur. Caca. C'est terrible. « Donnez-moi quelque chose! » « Donnez moi quelque chose ! ». Ils me soutiennent, ils continuent à me soutenir. Je veux quelque chose. Je n'en peux plus. Je vais mourir. « Donnez moi quelque chose ! ». Mon esprit se bats, je ne voulais pas la péridurale. Non. Mais je n'en peux plus, je sens que mon corps n'en peux plus. Je ne veux plus accoucher. C'est trop pénible. Je veux la péridurale, je sens qu'il me la faut. Il faut que je l'accepte. Personne ne me la propose. Je fais mon cheminement seule. Et ça sort: « Je veux la péri, donnez-moi la péri! » On me repose la question. On veut que je sois sûre. Mais je le suis. Je veux l'anesthésiste. Il est 6h.

J'attends l'anesthésiste. Je veux qu'il arrive. « Qu'est-ce qu'il fout? ». « On l'a appelé. Il arrive mais il dormait chez lui, il faut qu'il se prépare. ». Je m'en fout, il n'a qu'à venir. Je marche. Les contractions s'enchainent. F. M'accompagne: « Prends encore celle-ci, Elise ». Je ne veux plus. J'essaie de pousser à chaque contraction pour aller à selle. Rien ne vient. C'est horrible. On veut vérifier le coeur d'Aurore avec le monito portable. Je ne veux pas, je ne veux pas qu'on me touche. F. Me convint, elle le fait avec le plus de douceur possible, juste de quoi voir que tu va bien. Je m'éloigne. « Qu'est-ce qu'il fout ce p.. d'anesthésiste??? »

6h40. L'anesthésiste est là. On vérifie mon col. Je dois me coucher. C'est horrible. Contraction. Je me relève. Je m'accroche à ton papa. 9 cm. Je suis à 9 cm. Mais je m'en fous, je veux la péridurale. Je fais le dos rond, encore une contraction. Je m'accroche. On attend. Il la pose, enfin. Je snes le liquide chaud couler dans mon dos. Je commence un peu à me détendre. Il est 7h.

J'essaie de me reposer. J'ai encore bien mal. Mais je suis à nouveau capable de les accompagner, de t'imaginer descendre... Ton papa se repose. Encore une contraction. Je souffle. Je respire. Les contractions changent, je commence à sentir le besoin de pousser. Je le dis à F. Qui appelle l'infirmière. Je suis à 10 cm. On essaie d'appeler mon gynécologue. Elle ne répond pas. Il faut appeler la gynéco de garde. L'infirmière sort. Je suis sur le côté. Je dois pousser, il faut que je pousse. F. Me dis de suivre mes sensations. Ton papa. Est près de moi. Je pousse. F. Voit ta tête. Elle court à la porte et crie dans le couloir que tu arrive puis elle revient. Je te sens, je sens que tu sors, je sens comment je dois pousser. C'est incroyable. C'est tellement différent de Zoé. Je sais ce que je dois faire. Je souffle en poussant. Je te sens. Je sens le passage s'ouvrir. Une deuxième contraction. Mon corps sent qu'il doit pousser plus doucement. Ta tête sort. Je pousse encore, le reste de ton corps sort. Ton papa s'effondre en larme. Comme pour Zoé. Je pleure, je te prends dans mes bras. Il est 8h18. La gynécologue arrive. Elle vérifie mon col. Indemne ! Pas une déchirure. Rien. Ton papa pleure toujours, je lui prends la main tout en te serrant dans mes bras. Je suis heureuse. Je te regarde. On attend un peu l'expulsion du placenta. Puis, on nous laisse à 3 nous découvrir. Je te mets au sein, tu têteras pendant 45 minutes. L'infirmière ne reviendra que 2 heures après pour te peser et faire tes soins.

Voilà le récit de ta venue au monde, une venue intense, merveilleuse et où j'ai été respectée d'un bout à l'autre... Zoé a été la première à te rencontrer, elle t'a tout de suite fait un bisou, a voulu te prendre dans les bras... et depuis 2 semaines que tu es là, à la maison, je m'émerveille de pouvoir enfin te serrer dans mes bras.


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