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22/03/2011

La dépeceuse de Mons

"N’importe qui sait depuis l’age de 5 ans quand notre mère nous répétait de ne pas accepter de bonbons des inconnus que le monde est dangereux, et qu’il y a, malheureusement, des tordus sur terre!"

Oui, mais encore...


Il y a quelques années, lorsque je vivais encore dans la Cité du Doudou, une de mes amies m'avait surnomée "la dépeceuse de Mons" (et offert comme cadeau d'anniversaire un mémorable sac poubelle gris !). Rapport à ma façon de décrire en détail les différents sévices infligés à mes personnages. Sadique, moi ? Je me suis parfois posé la question, bien que j'aie horreur de faire du mal "en vrai".

Je ne crois pas que Maître Mô soit un "monstre qui se délecte et qui trouve son plaisir à publier" des histoires atroces comme l'en accuse une de ses commentatrices. Oui, les histoires qu'il rapporte, parfois en détail, sont atroces. Et là, il ne s'agit plus de personnages de fiction, mais de "vrais gens", coupables ou victimes. Vrais gens, vraiment humains, dans toute l'acception, parfois horrible, du terme. Et je comprends que certains de ces récits soient insoutenables pour les âmes sensibles. faudrait-il pour autant les édulcorer ? Faudrait-il se contenter d'une périphrase pour éviter de décrire ce que peut être un viol, un meurtre, ou des actes de barbarie ? Personnellement, je ne le crois pas.

Personnellement, je suis d'avis que l'on peut décrire la violence et ses conséquenses sans être sadique, et qu'au contraire les récits ont trop souvent eu tendance à l'édulcorer, voire à la magnifier. Or, la violence, la barbarie, le viol, la guerre, c'est crade, c'est sale, c'est moche, ça pue. Et ça doit être décrit comme tel : crade, sale, moche, puant. décrire ce qu'ont fait les bourreaux, décrire ce qu'ont subi les victimes, c'est décrire le monde dans son horreur, mais aussi dans sa vérité. Et, paradoxalement, c'est aussi le moyen de retrouver l'homme, avec parfois sa part de bon, dans ces victimes, et ces bourreaux.

 

http://maitremo.fr/2011/01/07/noel/

Commentaires

ça dépend de l'écriture. Lire du Lautréamont, c'est pénétrer un univers très violent... et magnifique. "La charogne" de Baudelaire, c'est crade... et magnifique. Par contre, les films d'Haneke sont ultraviolents... et mettent trèèèèèès mal à l'aise.

Écrit par : Babeth | 08/04/2011

Boufff... je réponds tard, là...

Oui, les films de Haeneke (que je n'aime pas particulièrement) mettent mal à l'aise. Mais est-ce que la mise en scène (ou la description) de la violence, de la haine, de la mort ne doit pas mettre mal à l'aise ? Nous mettre face à nous-mêmes, devant l'horreur, devant ce que fait naître en nous l'horreur ?

Je comprends que mon avis puisse, lui aussi, mettre mal à l'aise.

Écrit par : lambertine | 04/02/2012

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