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24/04/2011

Joyeuses Pâques

Jésus est ressuscité !


Je sais : on dit "Christ est Ressuscité". Mais je n'ai jamais aimé appeler Jésus "Christ". Le Christ, à la rigueur, mais pas Christ. Pourquoi ? Parce que je fonctionne en mode Schtroumpf grognon, je suppose ? Et puis, parce que, pour peu que l'histoire soit vraie, dire "Christ", c'est un peu réduire une personne à sa fonction. Or, ce n'est pas seulement "la fonction" d'Elu de Dieu qui est morte sur la croix et est revenue de l'au-delà, mais un être humain de chair et de sang. Jésus, fils de Marie (et de Joseph, au moins pour la Loi). Pas seulement un Dieu.

A propos de Dieu et de croix, le mone chrétien français vient d'être secoué par un "scandale" artistico-blasphématoire  : Piss Christ. Il y a quelques années, j'ai été traînée sous le joug lors d'une foire médiévale pour avoir "pissoyé sur la Sainte Croix". Andres Serrano, lui, a photographié un crucifix plongé dans l'urine. Pétition, hurlements, déferlement d'articles sur les blogs de la cathosphères, jusqu'au vandalisme de l'oeuvre. Et ? J'en pense quoi, moi ? J'en pense que l'oeuvre est belle. Très belle. Lumineuse. Mais encore ? Quid du blasphème ? Quid de la religion méprisée ?

Et bien, rien. J'en pense que, blasphème ou pas (parce que je suis loin d'être certaine que blasphème il y a *), cette oeuvre est belle. Point. Et que, depuis que l'Art existe, la mort, la transgression, la folie et le blasphème lui-même peuvent être à l'origine de beauté. Parce qu'est-ce que Jésus en croix, sinon la représentation d'une exécution capitale ? De l'exécution capitale d'un Dieu ? D'un scandale ? Et qui peut nier que certaines représentations de cette exécution sont particulièrement belles ? De toutes façons, si j'ose dire, le scandale est bel et bien la mort de Jésus sur la Croix, et cette mort, il l'a vaincue. Le croirait-on incapable de vaincre une photographie ?

Trêve de plaisanteries. Dans notre monde, dans notre Eglise, le blasphème ne consiste pas en une représentation quelconque de la crucifiction, mais dans le péché des hommes Particulièrement, dans le péché des Hommes d'Eglise. Et plus particulièrement encore, dans le péché non reconnu comme tel des Hommes d'Eglise. Le blasphémateur, c'est Van Gheluwhe, pas Serrano.

* Si en faisant appel au sang, à l’urine, aux larmes, ma représentation déclenche des réactions, c’est aussi un moyen de rappeler à tout le monde par quelle horreur le Christ est passé. A. Serrano

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