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06/05/2011

Lâcheté masculine

... et femmes castratrices


Discussion hier soir chez des amis. Pourquoi parle-t-on soudain de Michel Sardou ? Je ne sais plus. Mais la conversation s'enflamme. Personnellement, j'aimais bien Sardou quand j'étais gamine. Le Sardou de l'époque Barclay, surtout, et les chansons pas trop connues. Genre Raconte une Histoire, ou Les Arlequins. Pas trop celui de Je suis Pour ou du France. Drôle de chanteur, quand même, alliant des positions que l'on pourrait qualifier de droite conservatrice (voir Les Ricains), ou  avec d'autres que l'on pourrait qualifier de moralement libérées.

Enfin...

Moralement libérées, vraiment ?

J'y ai réfléchi cette nuit, et...

Finalement, pas si moralement libérées qu ça.

Les moeurs libérées, comme le disait Dame Lilotte lors de cette fameuse conversation, on les trouvait chez Brassens ou chez Lama. Mais chez Sardou ? En toute honnêteté, non. Il n'y a pas de sexe "vivant", de sexe gai, ludique, chez Sardou. Plutôt une sexualité douloureuse et une terrible peur de s'engager. Une image de femmes essentiellement castratrices et d'hommes lâches.

Castratrices, vraiment ? Oui, je crois. A l'image de la celle du torero qui "lui gâche sa vie" en l'empêchant de toréer (La Corrida n'aura pas lieu). La femme Sardouesque, c'est la mariée qui "sent qu'elle a gagné" (Vive la Mariée). C'est la femme "trop fière qui se refuse à me donner un peu plus que le nécessaire" au lit (Le Surveillant Général). La Femme des années 80 totalement dominatrice. Une femme qui fait peur, face à un homme lâche. Même si cet homme lâche finit par revenir vers elle comme vers une mère "sans demander pardon" (Madame, Je)

Parce que ce qui m'a le plus frappé à la réflexion, c'est cette lâcheté de l'homme, chez Sardou. Homme qui veut faire l'amour en toute liberté, certes, mais pour pouvoir disparaître dans la nuit, comme un voleur, comme un bandit (Je veux l'épouser pour un soir). Homme qui envoie son fils "jouer dans le jardin" (Petit) quand il quitte sa mère, parce que "c'est pas facile à dire" (Mon fils). Enfant qu'il n'a pas voulu au départ (Nous n'auront pas d'enfant) parce que "Je ne saurais pas lui dire que je ne t'aime plus, Je ne saurais pas lui dire qu'il ne me verra plus." A moins qu'il l'ait voulu "sans mère" (Un enfant de toi), mère qui, une fois l'enfant né "pourra retourner avec ses copains". Même le fantasme de viol (Les Villes de Solitude) est suivi de celui de "disparaître en fumée". Ce désir de fuite n'est d'ailleurs pas seulement celui de l'amant, mais celui de l'enfant (Je vole) et celui de l'humain qui finit par se suicider, parce que "Ca faisait déjà longtemps que je ne m'aimais plus" (Je vous ai bien eu ). Demandant que "Si quelque part, sait-on jamais, J'avais un ami qui m'aimait, Tant pis. Qu'il m'oublie." (Je ne suis pas mort, je dors).

Au fond, l'homme plutôt franchouillard des Bals populaires, qui Habite en France, qui regrette le Temps des Colonies et fait la Java à Broadway "comme à Meudon" ne serait-il qu'un petit garçon effrayé par la vie... et les femmes ?

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