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08/12/2011

Yseut

Du vent dans les branches d'un saule pleureur.


Il vit face à l'entrée de la prison de Saint-Gilles. C'est un arbre. Un saule. Un saule pleureur. Pleureur... logique, lorsque l'on vit face à l'endroit le plus sordide (ou presque) de Bruxelles... En cette saison, ses minces feuilles accrochées à ses branches filiformes ont l'apparence d'une blonde chevelure de femme.

Dans la file des visiteurs, je parle peu. Entre autres raisons, parce que peu de visiteurs parlent une langue que je comprends, ou même que je peux identifier. Donc, en général, quand j'attends de pouvoir franchir la porte de la prison, je lis. En ce moment, c'est "Tristan et Yseut". Parce que je suis masochiste. Je n'ai jamais aimé "Tristan et Yseut". Je n'ai jamais accroché à "Tristan et Yseut". Parce que je n'ai jamais accroché aux amours artificiels, ou magiques...

Et pourtant, je lis "Tristan et Yseut". Et le vent soufflant dans les branches dorées du saule bruxellois me renvoit sans que je puisse y faire quoi que ce soit à la blonde chevelure de la reine de Cornouailles. Yseut. Yseut la sorcière. Yseut, l'amoureuse. Yseut adultère, menteuse, criminelle, parjure. Yseut préférant la vie sauvage en compagnie de son amant à la vie de reine en compagnie de son mari. Yseut, dame d'amour. Yseut, dame de mort.

Et les branches dorées du saule brassées par le vent d'hiver m'évoquent les longs cheveux blonds de la princesse errant sur les grèves d'Irlande, ou guêtant son amant du haut des tours de Tintagel.

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