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28/06/2012

L'écriture en 30 questions. 6.

La suite.


22. Raconte-nous une scène que tu n'as jamais écrite et dont tu n'as jamais parlé à personne.

Plusieurs de mes récits sont écrits à la première personne, donc toutes les scènes qui se passent "hors champ" n'ont jamais été mises en ligne, ni même sur écran. Et pourtant, elles sont là. Les personnages les ont "vécues".

Je dirai... la scène dans laquel Algarond ramène Vaïn auprès de Morgil malade de chagrin, et où sa femme rencontre pour la première fois celui qui fut plus qu'un ami pour son mari. Une rencontre faite à la fois de jalousie - il a été le premier véritable amour de Morgil - de méfiance, de confiance et d'espoir. Une rencontre où malgré tout, elle lui confie son mari jusqu'à ce qu'il aille mieux, parce qu'il est le seul à pouvoir l'aider. Et aussi où, pour détendre un peu l'atmosphère, ils parlent "boulot" - ils sont tisserands tous les deux.

 

23. Combien de temps te faut-il pour terminer une histoire, de la planification jusqu'à la mise en ligne ?

Oufti! Des années. Avant d'écrire, je dois avoir passé et repassé toutes les scènes dans ma tête, des dizaines et des dizaines de fois. Tout doit être là, jusqu'au dernier des derniers mots, avant que je commence à écrire "au sens strict du terme" et tout est encore repassé et re-re-passé pendant l'écriture elle-même.

Les seules exceptions sont Les Hautes Fagnes, dont je ne connaissais pas la fin - et pour cause - lorsque j'ai commencé à l'écrire, et Zéphyr, que j'ai écrit en une nuit pour un enfant malade.

 

24. Dans quelle mesure arrives-tu à tuer tes personnages si cela sert l'intrigue ?

Dans quelle mesure ? J'y arrive, c'est tout. Je n'aime pas ça (contrairement à ce que certain(e)s pensent), mais j'y arrive, au point d'avoir été un temps (quand j'habitais dans cette ville) surnommée "la dépeceuse de Mons" (et d'avoir reçu un sac-poubelle gris comme "cadeau" d'anniversaire - Marie, de là où tu es, tu en ris peut-être en me voyant l'écrire). Mes personnages meurent, comme les gens meurent dans la vraie vie. Et souvent, c'est injuste, comme dans la vraie vie. Mais ils ne meurent pas sans raison, alors que dans la vraie vie...

Et ces morts laissent des traces, comme dans la vraie vie aussi. Des traces sur leur famille, sur leurs amis, sur des étrangers parfois...

Quelle est la mise à mort la plus intéressante que tu aies écrite ?

La mise à mort, je ne sais pas. En fait, je crois que je ne l'ai pas encore écrite. La mort la plus intéressante en revanche... Je crois que c'est celle d'André, le copain communiste du Capitaine de Gondor, mort en déportation, mis à mort par les Nazis pour avoir volé de la nourriture. Elle est intéressante à cause de son importance pour l'évolution du "héros". Sans son ami, et sans la mort de son ami, Henri serait resté un gosse de riche qui n'aurait jamais sacrifié sa carrière par idéal.

 

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