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20/01/2013

L'Ecu-de-Chêne

Dans un trou vivait un Hobbit...


... un Hobbit qu'un Magicien décida d'envoyer courir le vaste monde, affronter un dragon et reconquérir un royaume en compagnie d'une douzaine de Nains. Dans le cas contraire, l'histoire de Bilbo n'aurait pas été d'un grand intérêt (la vie d'un vieux garçon provincial riche et sans histoire est rarement palpitante). Mais, sous l'influence de Gandalf et la plume de J.R.R. Tolkien, Bilbo le Hobbit sortit de son (très confortable) trou et partit donc à l'aventure...

Et, des années plus tard, après avoir porté à l'écran (au grand dam des puristes de l'oeuvre du professeur Tolkien et pour le plus grand plaisir d'hérétiques dans mon genre) la suite des aventures de Bilbo, le célébrissime Seigneur des Anneaux, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson et sa fine équipe décidèrent de remettre le couvert (le film commence par une mémorable scène de boustifaille) et de s'attaquer (on y trouve pas mal de scènes de bataille) à Bilbo, sa vie, son oeuvre.

Enfin...

A Bilbo (Martin Freeman), le campagnard sympa et débrouillard ?

Ou à Thorin Oakenshield (Richard Armitage), Roi héréditaire d'Erebor, en exil depuis la destruction du royaume de ses ancêtres, et bien décidé à reprendre la place qui est la sienne (et qui est occupée par un dragon, ce qui complique un tantinet les choses ?

Je le dis tout net : le film de Jackson, s'il est à peu de choses près une adaptation fidèle du roman de Tolkien (enfin, de la première partie du roman, le format "trilogie" plaisant apparemment à la production), aurait dû s'appeler "Le Roi des Nains", ou mieux, "L'Ecu de Chêne", que Le Hobbit. Parce que, même si Bilbo en est bel et bien le narrateur, même s'il est bel et bien présent à l'écran, il n'en est pas le personnage central, celui sur qui Jackson braque les projecteurs. Celui-là, c'est Thorin. Et Thorin n'est pas un campagnard sympathique, mais un prince torturé par sa destinée. Un de ces grands seigneurs orgueilleux dont Tolkien a le secret (voir Turin Turambar, par exemple, le héros des Enfants de Hurin, ou le roi elfe Elu Thingol) et qu'il destine immanquablement à la tragédie. Thorin n'est pas un héros désinvolte, mais un homme (enfin, un Nain) profondément sérieux.

Et c'est ce manque de désinvolture, cette "empreinte de Thorin" sur le film néo-zélandais, qui fait pour moi toute la différence avec la légèreté du livre. Livre que j'ai souvent comparé à une sorte d'Indiana Jones médiéval-fantastique. Livre qui est le récit d'une aventure dangereuse et tragique, mais racontée avec humour et légèreté.

S'il y a de l'humour dans le film de Jackson, il n'y a pas de légèreté, pas la désinvolture que j'attendais.  Il y a de la violence. De l'orgueil. De la grandeur.

A l'image de Thorin Oakenshield.

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