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05/01/2014

De la légende à la série télé

Arthur, Merlin, Morgane et les autres...


Arthur, Morgane, Merlin et les autres...

Nous les connaissons depuis toujours. Nous les connaissons depuis l'enfance. Depuis le Merlin l'Enchanteur de Disney et les cours de littérature médiévale du collège (Ah, Chrétien de Troyes...). Ils font partie de notre inconscient collectif. Ils font partie de nous. Ils ont été repris, au fil des siècles, par de multiples artistes, peintres, écrivains, musiciens, cinéastes. Ils sont notre mythologie à nous, Européens de l'Ouest. Merlin, l'archétype par excellence du vieux magicien, enfant du démon, que l'on retrouve dans le Gandalf de Tolkien, le Belgarath d'Eddings, le Dumbledore de Rowling. Arthur, le Roi sans peur et (pas vraiment) sans reproche (et le cocu le plus célèbre de l'Histoire de Grande-Bretagne). Guenièvre, la reine adultère, Morgane, la méchante Fée (ou la première des féministes). Lancelot, le Chevalier déchiré entre sa fidélité au Roi et son amour pour la Reine. Perceval, avide de pureté autant que d'aventure. Et les autres, de Tristan à Gauvain...

Nous les connaissons depuis l'enfance, et c'est pour ça, sans doute, que nous ne nous étonnons pas de les voir mis à toutes les sauces, pour mon plus grand plaisir, et le plus grand déplaisir d'un bon nombre de puristes. Même s'il m'arrive de râler plus souvent qu'à mon tour devant des Chevaliers de la Table Ronde en armure du XIIème siècle dans un château Renaissance (Les Chevaliers de la Table Ronde de Richard Thorpe, ou le récent Merlin de la BBC - voire même l'incontournable Excalibur de John Boorman - en ce qui concerne les armures, en tout cas). Mais, bon, Chrétien de Troyes est bien un auteur du XIIème siècle, alors... (et ça n'a jamais choqué grand monde de voir Phèdre affublée de robes de cour du XVIIème...).

Nous ne nous étonnons pas de les voir mis à toutes les sauces, parce qu'ils font partie de notre mythologie, et que c'est très bien ainsi. Parce que les divers auteurs, au fil de l'Histoire littéraire (et musicale, et cinématographique), en participant à la plus grande "fanfic" de l'Histoire, ont contribué à maintenir vivante cette mythologie. Et parce que, personnellement, j'adore voir les écrivains et autres scénaristes jouer avec les archétypes, les interpréter à leur manière, et mettre en valeur - ou saquer complètement - certains aspects des personnages ou de la légende elle-même.

Il va sans dire que je préfère certaines de ces interprétations à d'autres. J'ai été, par exemple, assez hermétique à la vision très atlanto-cathocentrée de Stephen Lawhead (Cycle de Pendragon) ou au pseudo-réalisme du Roi Arthur d'Antoine Fuqua (ah, Guenièvre en bikini guerrier...). Mais j'ai été tout aussi emballée par le réalisme barbare de Bernard Cornwell (La Saga du Roi Arthur - dans laquelle, au passage, Arthur n'est pas Roi) que par le féminisme militant de Marion Zimmer Bradley (Les Dames du Lac - d'ailleurs, j'ai toujours adoré Morgane et détesté Guenièvre. Na !)

Mais je ne crierai jamais à la trahison du mythe. Parce qu'il n'y a pas trahison, il y a assimilation. Et que ces visions diverses, kaléïdoscopiques, loin de nous en éloigner, le rapproche de nous. Et il nous rapproche des histoires que nous racontent ceux qui s'en emparent. Alexandre Astier ne nous ferait pas autant rire, s'il narrait les mésaventures du Roi Bernard, de épouse Bernadette et de leur bande de bras cassés. Et le Merlin de la BBC ne serait qu'un buddy movie parmi d'autres.C'est la magie de Merlin, et de ses héritiers, dont nous faisons partie, qui les font vivre, autant que leurs auteurs et leurs interprètes.

Et qui m'entraînera peut-être encore du côté de Glastonbury

Commentaires

Je suis un fan fondamental de la série Kaamelott. Surtout des dernières saisons, l'écriture et l'esthétique des lieux y est plus sombre, plus profonde et plus émouvante.

Écrit par : Equas | 06/01/2014

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