Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

24/04/2014

Au pays de Candy...

On a tous quelque chose en nous de Sansa Stark...


Quel rapport entre le procès Agnelet et la série Game of Thrones (ou plutôt, le roman intitulé A Song of Ice and Fire) ? A priori, aucun. Et c'est pourtant le procès Agnelet, ou plutôt ses interprétations par le magistrat Philippe Bilger et la chroniqueuse judiciaire Pascale Robert-Diard, qui m'ont donné l'idée de ce billet. Ainsi que Lord Riusma, du site de La Garde de Nuit.

Tout le monde, ou presque, se moque de la jeune et jolie héroïne de Georges Martin, Sansa Stark. La Princesse de contes de fées qui vit dans un conte de fées et croit aux contes de fées.  Et tout le monde, ou presque, admire la chronique judiciaire de Pascale Robert-Diard qui nous décrit, dans le procès Agnelet, un conte de fées. Le très très méchant Maurice, mari tyrannique, père indigne, amant pervers, face à la famille de la jolie princesse, mère-courage et frère affectueux, et à sa propre famille victime de sa "perversion narcissique". Mais que décrit Pascale Robert-Diard, sinon un "conte de fées" contemporain (dans lequel, si la princesse meurt, le méchant est puni à la fin) ? Et que vit (fictionnellement) Sansa Stark, sinon une tragédie immonde ? Comme les contes de fées sont des tragédies immondes. Comme "Candy" est une tragédie immonde.

Bah oui. le "pays de Candy", c'est l'Amérique puritaine du début du XXième siècle. Celle du Temps de l'Innocence de Martin Scorsese. Et les chansons, le contes de fées de Sansa Stark, ce sont, elles aussi, des tragédies. De pures tragédies. Comme l'histoire d'Agnès Le Roux, même si celle-ci se rapproche plus de celle des Soprano, ou du Parrain. Les Soprano, ou le Parrain, qui sont aussi des tragédies.

Sansa croit aux contes de fées. Et elle a raison. Nous vivons tous dans un conte de fées. Mais les contes de fées ne sont pas des histoires positives, même si certains d'entre eux finissent bien. mais les contes de fées, les films et les chansons, sont avant tout des histoires de souffrance. Et pourtant, combien de jeunes filles ne se sont-elles pas assimilées à la Juliette de Shakespeare, à la Rose de James Cameron, ou à la Belle au Bois dormant ? Et combien d'entre nous ne voient pas le monde en noir-et-blanc, avec les gentils d'un côté, et les monstres de l'autre. Les monstres comme Dutroux ou Landru ? Ou Tywin Lannister ? Ou Maurice Agnelet ?

Je me demande si le plus terrible dans l'histoire n'est pas cette faculté de croire que les "plus désespérés sont les chants les plus beaux", que les histoires qu'il vaut la peine de vivre sont les tragédies totales, bien plus que le fait de condamner un homme parce qu'il est le "méchant" de ces histoires.

Même si je ne suis pas certaine que Maurice Agnelet soit vraiment le "méchant" de son histoire.

 

 

Les commentaires sont fermés.